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La chancelière allemande Angela Merkel a plaidé avec ferveur, mardi devant le Parlement européen à Strasbourg, pour la création d'une véritable "armée commune européenne", complémentaire au lien avec l'OTAN, ainsi que d'un conseil de sécurité de l'Union. 

"L'époque où nous pouvions compter aveuglément sur d'autres est révolue", a lancé Mme Merkel sans citer les Etats-Unis, alliés historiques des Européens à travers l'OTAN.

"Nous devons prendre davantage notre sort entre nos mains si nous voulons nous renforcer en tant que Communauté", a ajouté la cheffe du gouvernement allemand, en présentant aux eurodéputés sa vision de l'avenir de l'Union, comme l'ont déjà fait une dizaine de dirigeants européens avant elle.

"Une armée commune européenne montrerait au monde qu'entre pays de l'Union, il n'y aurait plus jamais de guerre. Elle ne serait pas dirigée contre l'OTAN, mais elle la complèterait sans jamais remettre en cause le lien" avec l'Alliance atlantique, selon Mme Merkel.

Face à la multitude de systèmes d'armements dans les différents États membres, il conviendra ainsi de développer ensemble des systèmes d'armement au sein de l'Europe, a-t-elle ajouté. La France a reproché dernièrement à la Belgique l'achat d'avions de chasse aux Etats-Unis plutôt qu'à elle.

Le plaidoyer de la chancelière pour une armée commune européenne vient en soutien du président français Emmanuel Macron qui avait déclenché la colère du président américain Donald Trump la semaine dernière en réclamant l'instauration d'une telle armée. Donald Trump exhorte régulièrement les pays européens membres de l'OTAN à augmenter leurs dépenses militaires, estimant que les États-Unis paient une trop grande part du budget de l'Alliance atlantique.

Devant un Parlement européen favorable à un embargo sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite - au contraire du Conseil des États membres qui ne parviennent pas à s'accorder sur ce point -, Mme Merkel a aussi dit souhaiter une politique commune d'exportation des armes.

Pour permettre à l'UE d'agir plus facilement sur la scène internationale, la chancelière souhaite en outre que l'Union se débarrasse de l'exigence d'unanimité pour ses décisions en matière de politique étrangère, ce que la Commission a également proposé.

Dans la même optique, elle rappelle sa proposition de constituer un "conseil de sécurité européen" avec une présidence tournante, de manière à ce que des décisions importantes puissent être plus rapidement prises.