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Angela Merkel et son parti conservateur (CDU) ont accepté dimanche des mesures pour limiter le nombre de réfugiés en Allemagne, dans le cadre d'un compromis avec leurs alliés bavarois de la CSU, ont indiqué des sources proches des négociations.

Cet accord de principe, obtenu après une journée de tractations à Berlin, vise à mettre fin à un conflit qui dure depuis deux ans entre les deux formations-soeurs et à permettre ainsi la constitution, avec d'autres partis, d'un nouveau gouvernement suite aux élections législatives de fin septembre.

"Il y a un accord de principe, il faut encore travailler sur les détails pour un accord final", a indiqué à l'AFP une source proche des négociations.

Point central de ce compromis: la chancelière et son Union chrétienne-démocrate acceptent pour la première fois une forme de plafonnement chiffré du nombre de demandeurs d'asile accepté dans le pays. Elle s'y était jusqu'ici toujours opposée.

A l'avenir, les deux partis veulent se donner pour objectif de limiter le nombre d'arrivée de demandeurs à 200.000 par an, selon l'accord trouvé à Berlin.

La CSU bavaroise, qui représente l'aile la plus conservatrice de la famille politique de la chancelière, exigeait une limitation chiffrée depuis deux ans et l'arrivée en 2015 et 2016 de plus d'un million de migrants, pour la plupart fuyant la guerre civile en Syrie.

Toutefois, le compromis semble parler d'objectif de limitation et non de plafonnement strict. Une forme donc de limite "light".

En outre, ce chiffre ne portera que sur les demandeurs d'asile que peut contrôler le gouvernement allemand, ont précisé les sources proches des discussions: quotas de réfugiés décidés par l'Union européenne, ou ceux arrivant dans le cadre du rapprochement familial lorsqu'ils disposent du statut de réfugiés politique.

En cas de crise humanitaire, comme en Syrie, le gouvernement se garde la possibilité d'envisager un accueil plus large dans un cadre européen. Mais la chancelière devra pour cela saisir la chambre des députés, selon le projet d'accord.

Les détracteurs d'Angela Merkel l'accusent d'avoir fait cavalier seul à l'automne 2015 en ouvrant les portes du pays aux réfugiés, sans se concerter avec ses partenaires européens et sans en référer au Bundestag.

Le projet de compromis ne porte que sur les demandeurs d'asile et non sur les migrants économiques.

Pour la migration économique, la CDU et la CSU sont tombées d'accord pour travailler en vue d'un système proche des quotas, comme au Canada et en Australie, définis en fonction des besoins en main d'oeuvre de l'Allemagne, selon les mêmes sources.