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Les attentats de Londres, en plein sommet des dirigeants du G8 en Ecosse, ont suscité jeudi réactions d’horreur, appels à l’unité internationale et renforcement de la sécurité face à la menace terroriste en Europe et dans le monde.

Ces actes «barbares » sont «des attaques contre toutes les nations », ont dénoncé les dirigeants du G8 et de cinq pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud).

«L’Union européenne sera aux côtés du peuple britannique contre le terrorisme et pour la liberté et la démocratie », a assuré le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, alors que le Royaume-Uni assure depuis le 1er juillet la présidence de l’UE.

«La guerre contre le terrorisme continue », a déclaré le président des Etats-Unis George W. Bush, en marge du sommet de Gleneagles.

Le président français Jacques Chirac a plaidé pour «une fermeté sans cesse accrue et toujours plus solidaire » face à la menace. Son homologue russe Vladimir Poutine a appelé à «la réunification de tous les pays civilisés » dans cette lutte.

«Nous sommes d’accord sur le fait que la communauté internationale doit tout faire pour combattre ensemble le terrorisme avec tout les moyens à sa disposition », a répondu en écho le chancelier allemand Gerhard Schröder, exprimant «horreur et répulsion ».

«Le terrorisme ne doit et ne va pas l’emporter », a renchéri son ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer. Partout en Europe et dans le monde, le drame de Londres a suscité la même consternation. Le pape Benoît XVI a condamné «des actes inhumains » en se disant «proche des victimes ».

Au lendemain de la désignation de Londres pour accueillir les jeux Olympiques 2012, le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge a fait parvenir un message «de sympathie et de soutien » au Premier ministre britannique Tony Blair et au maire de la ville Ken Livingstone.

«Nous sommes tous, en cet instant, Londoniens », a déclaré le maire de Paris Bertrand Delanoë. La capitale française avait été défaite sur le fil mercredi par sa rivale britannique dans la course à la flamme olympique.

En délicatesse avec M. Blair ces dernières semaines, M. Chirac avait été l’un des premiers à exprimer de Gleneagles «à tous les Londoniens, à tous les Britanniques, la solidarité, la compassion, l’amitié de la France et des Français ».

A Paris, l’Assemblée nationale et le Sénat ont suspendu leurs séances en signe de respect après les explosions à Londres. A Strasbourg, le Parlement européen a observé une minute de silence en «solidarité envers la population britannique ».

«Nous sommes tous à vos côtés aujourd’hui », a déclaré le président du Parlement européen, Josep Borrell (Espagne), dont le pays garde en mémoire les attentats qui avaient fait 191 morts le 11 mars 2004 à Madrid.

«Nous, les Espagnols, connaissons bien les souffrances que le peuple britannique connaît aujourd’hui », a déclaré le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.

En Ulster, le Sinn Féin, aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), a exprimé sa «sympathie » pour les victimes.

«Israël, qui a une longue expérience du terrorisme, participe à la peine des Britanniques », a déclaré le chef de la diplomatie de l’Etat hébreu Sylvan Shalom, tandis qu’un haut responsable isra0élien évoquait «un 11 septembre britannique », en référence aux attentats de 2001 aux Etats-Unis.

L’Autorité palestinienne a condamné les attentats de Londres. «Nous condamnons fermement ces attentats et présentons nos condoléances au peuple et au gouvernement britanniques et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés », a déclaré le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat.

L’Iran lui aussi, classé par les Etats-Unis dans «l’axe du mal », a exprimé sa «sympathie (...) envers les familles des victimes » et dénoncé «le recours à la violence ».

Le commissaire européen à la Justice et la Sécurité Franco Frattini a appelé «à activer immédiatement la coordination entre les services de renseignement et de police et offrir à l’Angleterre toute l’aide dont elle a besoin ».

L’Otan a convoqué vendredi une réunion des ambassadeurs de ses 26 pays membres. Sans tarder, des mesures de sécurité renforcées ont été prises dans de nombreux pays de l’UE (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne entre autres), mais aussi en Russie et aux Etats-Unis, tandis que le Japon a activé une cellule de crise.

Alors que l’annonce des attentats a fait chuter les Bourses européennes, le ministre allemand des Finances Hans Eichel a appelé les investisseurs au calme en assurant que «l’économie mondiale ne va pas s’écrouler ».