Après Ryanair... Aeroflot!

AFP Publié le - Mis à jour le

International

Un pilote d'Aeroflot, et chef d'un syndicat de personnels navigants, accuse la première compagnie aérienne russe, membre de l'alliance SkyTeam d'Air France/KLM, de faire des économies au détriment de la sécurité, dans une interview publiée jeudi par le quotidien Novye Izvestia.

Le commandant de bord Igor Deldioujov, chef du syndicat des pilotes de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, avait été limogé par Aeroflot pour avoir fait travailler un troisième pilote à bord d'un vol aller-retour Moscou-Tokyo. Il a récemment gagné un procès contre la compagnie, qui se voit obligée de le réintégrer dans ses effectifs.

Dans une interview au quotidien russe, il raconte qu'Aeroflot minimise dans ses emplois du temps le nombre d'heures de vol des liaisons long-courrier pour éviter d'être obligée de mettre un troisième pilote à bord.

"Le temps moyen d'un vol entre Tokyo et Moscou est de 10H45. Aeroflot écrit dans ses horaires 10H20", explique-t-il.

"En ajoutant la préparation avant le vol et la demi-heure d'activités après le vol, le temps de travail total est de 11H50", ajoute-t-il. Mais si l'on prend en compte la durée réelle du vol, le temps de travail total est de 12H15, observe le pilote.

Or, selon une ordonnance de 2005 du ministère des Transports, les pilotes peuvent travailler jusqu'à 12 heures sans renfort.

"La compagnie économise des dizaines de millions de roubles par an sur un vol quotidien, au prix de menaces pour la sécurité des passagers et pour la santé des pilotes", dénonce le pilote, qui souligne les dangers de la fatigue accumulée par l'équipage.

Contacté par l'AFP jeudi matin, Aeroflot n'a pas été en mesure de réagir immédiatement à ces accusations.

Aeroflot figure dans la moyenne des compagnies mondiales en matière de sécurité, selon les classements disponibles sur l'internet.

La Russie a connu ces dernières années une série noire en matière de sécurité aérienne. Face à la multiplication des accidents, les autorités russes ont ordonné la mise au rebut des appareils de conception soviétique les plus anciens, et une vérification des nombreuses compagnies aériennes du pays, afin d'en limiter le nombre.

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