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L’organisation "Human Rights Watch" a dénoncé, dans la guerre de Gaza, l’utilisation par l’armée israélienne d’armes au phosphore blanc. Le phosphore blanc est employé "comme un écran de fumée, un moyen en principe permis dans le cadre du droit humanitaire international", a reconnu l’association de défense des droits de l’homme. Mais celle-ci s’est néanmoins inquiétée du fait que ces armes, dans un cadre urbain aussi dense que celui de Gaza, aggravent "le risque de blesser des civils".

"Leur présence est avérée", souligne Joseph Henrotin, expert militaire et rédacteur en chef adjoint de la revue "Défense et Sécurité internationale - Technologies" (lire en page 5). Mais, précise-t-il, il s’agit de "munitions au phosphore blanc. Munitions et non armes". "On peut utiliser le phosphore blanc dans deux cas de figure. Le premier est du type de ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale : brûler des villes. Ce sont des bombes incendiaires. Mais il n’est absolument pas avéré qu’Israël en ait utilisé. Si des bombes au phosphore étaient effectivement utilisées, cela se verrait tout de suite : vous verriez des murs de feu de 15 à 20 mètres de haut, à des températures de 1000 degrés. C’est l’enfer sur terre".

Les munitions dont l’utilisation est, elle, une certitude, sont employées en tant que "système d’éclairage". "On a affaire à un paradoxe, explique Joseph Henrotin. Les Israéliens veulent combattre de nuit pour permettre de surprendre les combattants du Hamas et de les avoir aussi à la fatigue. Le problème, dans le cas de Gaza, est qu’il faut éclairer des petites rues. Les Israéliens vont effectuer des largages de leurs munitions à basse altitude avec pour but d’éclairer et de faciliter la désignation de cibles. Il s’agit de viser mieux pour éviter les civils. Le grand paradoxe est que, dans ce cas-là, vous vous retrouvez avec des débris d’armes et de phosphore en combustion qui effectivement atteignent des civils et/ou des combattants. Cela cause des brûlures assez graves. Mais c’est un dommage collatéral qui résulte assez paradoxalement de la nécessité de disposer de plus d’éclairage pour éviter les bavures".

Il n’empêche, le phosphore blanc provoque des brûlures de la peau et peut endommager le foie, le cœur ou les reins. Un porte-parole de l’armée israélienne, Mark Regev, interrogé par l’agence France-presse, a assuré que l’utilisation de ces armes se faisait "dans le cadre des frontières légales du droit international". "Elles sont similaires si ce n’est identiques à celles utilisées par toutes les démocraties occidentales", a-t-il ajouté. La France n’en a pas moins demandé à Israël de renoncer à en user "du fait notamment de leur toxicité et de la densité de la population à Gaza".

Moins de dommages ?

Autre arme, autre questionnement. Des médecins norvégiens ont fait état de l’usage de "Dime" pour "Dense inert metal explosive", un type d’armes assez peu connues. "Fondamentalement, c’est une munition antipersonnelle, souligne Joseph Henrotin. "Le but est d’éliminer des combattants adverses. C’est une arme qui a été spécifiquement conçue pour le combat de façon à réduire le rayon létal autour de l’arme, à 10m. Si un obus de 155 mm explose à 50 m, vous avez une certaine probabilité de voir votre estomac exploser. Pas mal de gens peuvent mourir du fait de l’exposition à l’onde de choc". Et l’expert militaire d’expliquer ce qui a motivé les concepteurs de cette arme : "Les Américains, comme les Israéliens, se sont rendus compte qu’en combat urbain, ce n’était pas une bonne solution d’utiliser l’artillerie classique en centre-ville et ont développé ce type d’armes. Le grand paradoxe est que le rayon létal est réduit à 10 m avec l’objectif d’atteindre un point précis sans que le restant des bâtiments soit atteint. Mais, néanmoins, cela cause des dégâts".

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