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L'Union européenne a placé lundi sur sa liste noire quatre nouveaux responsables militaires syriens, accusés d'avoir utilisé "des armes chimiques à l'encontre de la population civile" en 2014 et 2015, selon un communiqué. Le Conseil, instance qui réunit les 28 pays membres de l'Union, "a ajouté quatre militaires haut gradés à la liste des personnes visées par des mesures restrictives instaurées par l'UE à l'encontre du régime syrien", a-t-il indiqué.

"L'UE a inscrit ces quatre personnes en raison de leur rôle dans l'utilisation d'armes chimiques à l'encontre de la population civile", précise-t-il.

Cette liste noire, en tête de laquelle figurent le président syrien Bachar al-Assad, son frère Maher ainsi que le général Ali Mamlouk, le plus haut responsable des services de sécurité syriens, compte désormais 239 personnes dont les fonds dans l'UE sont gelés et qui sont interdites d'entrée sur le territoire de l'Union.

L'identité des quatre responsables ajoutés lundi ne sera révélée qu'avec la publication de la décision des 28 pays membres, prévue mardi au Journal officiel de l'UE.

Ils sont soupçonnés d'avoir participé à des attaques "entre avril 2014 et septembre 2015", selon une source diplomatique, ce qui correspond à "la période examinée" par une mission d'enquête de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Cette mission a conclu que plusieurs unités de l'armée syrienne avaient largué des produits toxiques sur trois villages du nord de la Syrie en 2014 et 2015. En février, elle a réclamé en vain au gouvernement syrien les noms de commandants et d'unités militaires impliqués dans ces attaques.

L'UE a mis en place un large arsenal de sanctions en réponse au conflit syrien, qui a fait 320.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés en six ans: embargo pétrolier, restrictions aux investissements en Syrie et à la fourniture de services et équipements pouvant servir à la répression, à la surveillance des télécommunications ou encore un gel des avoirs européens de la Banque centrale syrienne. L'UE a identifié 67 entités, des groupes et organisations impliqués dans le conflit, dont les avoirs en Europe sont gelés.