International Erdem Gül avait écrit sur la livraison d’armes par les services secrets à des factions syriennes.

Un tribunal turc a acquitté lundi un journaliste du quotidien d’opposition "Cumhuriyet" qui était accusé de divulgation de secrets d’Etat dans un article retentissant sur des livraisons d’armes en 2014 par les services secrets turcs (MIT) à des factions en Syrie.

Erdem Gül, chef du bureau de "Cumhuriyet" à Ankara, a été acquitté par un tribunal pénal d’Istanbul. M. Gül avait été condamné en 2016 à cinq ans de prison pour "espionnage" après la publication par le journal d’une enquête affirmant, images à l’appui, que des camions chargés d’armes affrétés par les services secrets avaient été interceptés à la frontière syrienne.

Mais la Cour de cassation de Turquie avait annulé en mars cette condamnation, estimant qu’il n’y avait pas assez d’éléments pour étayer les accusations. Elle avait recommandé de l’acquitter. "Le journalisme n’est et ne peut pas être un crime", a réagi sur Twitter M. Gül après la décision du tribunal lundi.

M. Gül était jugé dans cette affaire avec le rédacteur en chef de "Cumhuriyet" de l’époque, Can Dündar, qui réside désormais en Allemagne. Ce dernier n’a pas été acquitté par le tribunal d’Istanbul et son procès continue. Une aggravation de sa peine a été demandée.

Dans le cas d’Erdem Gül, le tribunal a estimé que l’article qu’il avait écrit à ce sujet en juin 2015 était postérieur à l’article qui avait tout révélé et était signé en mai par Carl Dundar. Il échappe donc à l’accusation d’avoir divulgué des secrets d’Etat.

La publication de l’enquête avait suscité l’ire du président Recep Tayyip Erdogan qui avait promis que le journal "paierait le prix fort". Ce quotidien d’opposition, l’un des doyens de la presse turque, a été confronté à de nombreuses difficultés judiciaires ces dernières années. Plusieurs de ses dirigeants et journalistes ont été condamnés en avril pour "activités terroristes", avant d’être libérés en appel.