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Des élus démocrates ont interpellé avec virulence Donald Trump mardi en dénonçant les séparations de familles de clandestins, un face-à-face rarissime entre des parlementaires et le président américain dans les couloirs d'ordinaire feutrés du Capitole. "Monsieur le président, vous avez pourtant des enfants! Vous avez pourtant des enfants M. le président. Est-ce que vous aimeriez qu'on sépare vos enfants?", a crié Juan Vargas, élu de la Chambre des représentants, lorsque Donald Trump sortait d'une réunion avec les républicains.

Le président s'est contenté de se retourner et de saluer en souriant en direction des caméras, derrière cette demi-douzaine d'élus démocrates qui portaient des photos d'enfants en pleurs et des panneaux avec le slogan "les familles doivent être ensemble"

"Arrêtez de séparer les enfants", a lancé un autre parlementaire, pendant que l'équipe de la Maison Blanche, dont la ministre de la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen, passait avec le président.

Donald Trump sortait d'une réunion d'environ trois quart d'heures avec sa majorité républicaine à la Chambre pour parler d'une réforme de l'immigration qui peine à voir le jour.

Loin de fléchir face à la controverse provoquée par les séparations de familles de migrants, il pousse les républicains, pressés de voir cesser l'avalanche de récits déchirants d'enfants séparés, à présenter un texte qui réglerait cette situation tout en comprenant ses exigences, notamment le financement d'un mur à la frontière.

Le chanteur et militant irlandais Bono, leader du groupe U2, a rencontré des élus républicains et démocrates après avoir donné des concerts dans la région de Washington. Il a ensuite exhorté le président Donald Trump à abandonner sa politique, "complètement contraire aux valeurs américaines". "J'ai parlé à de nombreux républicains", a affirmé Bono à l'AFP. "Ils disent qu'ils veulent trouver une solution mais ça doit tout simplement s'arrêter (...)", a-t-il déclaré.

Depuis l'annonce de la politique américaine de "tolérance zéro" début mai, 2.342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), fuyant pour la plupart la violence qui ronge l'Amérique centrale.

En vertu de cette politique, la Maison Blanche a décidé de poursuivre au pénal tous les clandestins qui franchissent illégalement la frontière, ce qui pousse à la séparation des familles, les enfants ne pouvant pas être incarcérés. Les précédents gouvernements avaient privilégié des poursuites au civil, ce qui évitait ces situation.