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Mobilisation
Les pays arabes, excepté le Koweit, offrent un appui sans équivoque à l’Irak
AFP
Mis en ligne le 24/03/2003
A défaut d’un appui militaire, les pays arabes, à l’exception du Koweit, ont offert un appui diplomatique sans équivoque à l’Irak en condamnant, lundi soir au Caire, «l’agression» contre son territoire et en réclamant le «retrait immédiat» des forces américano-britanniques.
La condamnation est d’autant plus un camouflet aux Etats-Unis qu’elle ignore un appel adressé par le secrétaire d’Etat américain Colin Powell aux chefs de diplomatie égyptien Ahmed Maher et saoudien Saoud al-Fayçal, pour convaincre leurs partenaires arabes d’accepter l’invasion de l’Irak comme inévitable. Le porte-parole du département d’Etat Richard Boucher a fait état de cet appel quelques minutes avant la fin de la réunion.
«La résolution a été adoptée à l’unanimité, à l’exception du Koweit qui a exprimé des réserves», a annoncé lors d’une conférence de presse le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, à l’issue de la réunion.
Décontracté et souriant malgré l’imposant dispositif de sécurité qui l’entourait, le ministre irakien des Affaires étrangères Naji Sabri s’est félicité de l’adoption de cette résolution, tout en estimant qu’il s’agissait d’un «strict minimum» et en dénonçant l’attitude koweitienne.
«Un seul pays, qui participe à l’agression contre l’Irak, n’a pas accepté cette résolution condamnant l’agression américano-britannique contre l’Irak adoptée à l’unanimité, et c’est le gouvernement du Koweit», a déclaré M. Sabri aux journalistes à l’issue de la réunion au Caire.
«Le gouvernement du Koweit a exprimé ses réserves car il participe à l’agression en accordant des facilités aux forces américano-britanniques», a ajouté M. Sabri qui a assuré que le Koweit «a offert les deux-tiers de son territoire aux forces d’invasion».
«Cette résolution représente le strict minimum. Les pays arabes sont capables, et possèdent des capacités énormes pour empêcher et arrêter cette agression», a estimé M. Sabri. Le délégué koweitien à la Ligue arabe Ahmed al-Kulaib a expliqué à la presse que son pays avait exprimé des réserves car la résolution «n’est pas équilibrée (...) et ne mentionne pas clairement les agressions irakiennes contre le Koweit», en se référant aux tirs de missiles sur l’émirat.
Isolé dans sa position, M. al-Kulaib a indiqué que son pays aurait préféré un texte qui n’aurait pas été «rédigé» unilatéralement «par un seul pays», en référence à la Syrie, qui appuie fermement l’Irak dans tous les forums arabes depuis le début de la crise.
«La Ligue arabe se trouvait face à un carrefour dangereux, soit la solidarité arabe se poursuivait (..) soit elle volait en éclat», a expliqué le chef de la diplomatie syrienne Farouk al-Chareh en se félicitant de l’adoption du texte tout en regrettant l’ojection koweitienne.
La résolution finale de la réunion ministérielle «condamne l’agression américano-britannique contre l’Irak» et réclame «le retrait immédiat et inconditionnel des forces d’invasion du territoire irakien» Elle considère «cette agression comme une violation de la Charte de l’Onu (...) et un défi lancé à la communauté internationale», et souligne «la nécessité pour tous les pays arabes de s’abstenir de participer à toute action militaire portant atteinte à l’unité et l’intégrité territoriale de l’Irak ou de tout autre pays arabe».
Les ministres arabes chargent en outre le groupe arabe à l’Onu de «réclamer la tenue d’une réunion urgente du Conseil de sécurité afin d’adopter une résolution appelant à la fin de l’agression et au retrait des forces d’invasion hors des frontières de l’Irak».
Ils ajoutent que si le Conseil de sécurité ne se réunit pas ou échoue à adopter une telle résolution, ils réclameront «une réunion urgente de l’assemblée générale».
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