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La presse américaine inquiète du coût de la guerre
AFP
Mis en ligne le 25/03/2003
Plusieurs quotidiens américains s’inquiétaient mardi du coût financier de la guerre contre l’Irak en estimant qu’il augure mal pour l’avenir budgétaire des Etats-Unis, tout en commentant diversement le durcissement des combats.
Sous le titre «choc et effroi budgétaire», le New York Times lance un cri d’alarme en soulignant que les Américains, les yeux rivés sur les images de guerre à la télévision, risquent de «découvrir trop tard que le Congrès, sous la houlette de l’administration Bush, est en train de conduire le pays vers une décennie de désastre budgétaire».
La Maison Blanche a révélé lundi soir que le président Bush allait demander au Congrès une enveloppe supplémentaire de 63 milliards de dollars pour financer la guerre.
«Le pays se débat dans les problèmes financiers: l’économie, le coût de la guerre contre le terrorisme et la guerre en Irak. Et étonnamment, le Congrès s’apprête à rendre la situation beaucoup plus grave en adoptant 500 milliards de réductions d’impôts supplémentaires pour les contribuables les plus riches qui ne représentent qu’1%», s’indigne le New York Times.
Pour sa part, le Washington Post relève que la Maison Blanche a soigneusement attendu que le Congrès soit pratiquement tombé d’accord sur les nouvelles réductions d’impôts, pour chiffrer le coût de la guerre.
Mais, note le journal, le chiffre avancé par la Maison Blanche «ne semble couvrir que les 30 premiers jours de guerre et pas les combats qui pourraient survenir ensuite ni le coût d’une occupation». Cela, estime le journal, «augure mal pour le volume de la dette mais aussi pour le processus budgétaire lui même».
En revanche, la presse américaine commentait diversement les difficultés rencontrées sur le terrain en Irak par les forces de la coalition. Le New York Times relève que les prédictions de l’administration Bush qui avait «donné l’impression que le gouvernement irakien était vacillant, que son armée n’était pas en humeur de combattre et que la population accueillerait les forces d’invasion avec des bravos et des fleurs» ne se sont pas réalisées. «Les batailles décisives se dérouleront dans et autour de Bagdad où le régime reste fermement au contrôle et où les défenses aériennes de la capitale bien qu’affaiblies fonctionnent toujours. A moins d’un brusque effondrement de la volonté de combattre de l’Irak, les forces américaines pourraient bien avoir à se lancer dans des combats de rues qu’elles voulaient éviter», ajoute le journal.
Le Washington Post se montre plus nuancé et estime que «si le scénario optimiste d’un effondrement de la résistance irakienne ne s’est pas réalisé, le pire a été évité, les champs pétroliers n’ont pas été détruits, Israël reste en dehors de la guerre et des armes de destruction massive n’ont pas été utilisées contre la coalition ou des civils irakiens».
«Beaucoup dépendra des affrontements avec les divisions de la garde républicaine autour de Bagdad. Si elles peuvent être rapidement battues et empêchées de faire retraite dans la capitale, l’audacieuse stratégie américaine pourrait être payante» ajoute l’éditorialiste du Washington Post.
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