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diplomatie

Tony Blair aux USA pour parler de l'après-Saddam

AFP

Mis en ligne le 25/03/2003

Le Premier ministre britannique Tony Blair, dont les troupes combattent aux côtés des forces américaines en Irak, se rend mercredi et jeudi aux Etats-Unis pour parler de l’après-Saddam Hussein et de la relance du processus de paix israélo-palestinien.

M. Blair s’entretiendra mercredi soir et jeudi matin à Camp David (Maryland, près de Washington) avec son ami George Bush. Jeudi soir, il rencontrera le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan à New York, avant de regagner Londres.

Au cours d’une conférence de presse de plus d’une heure, Tony Blair a aussi dressé un tableau quasi idyllique de la situation militaire en Irak (où les pertes britanniques -18 morts- sont déjà égales à celles enregistrées pendant la première guerre du Golfe, en 1991), affirmant que, «jusqu’ici, nous avons progressé exactement comme nous l’avions prévu ».

Une «grande partie » du territoire irakien a été déjà été sécurisée, des renforts ne sont pas nécessaires et les troupes alliées sont désormais à une centaine de kilomètres de Bagdad, avançant en tenaille, a-t-il ajouté. Mais les troupes loyales à Saddam Hussein «résisteront jusqu’au terme de cette campagne », a-t-il prévenu.

Tony Blair a également lancé un message à la population irakienne, affirmant que, «cette fois, nous ne (les) laisserons pas tomber ». «On les a laissés tomber par le passé, alors qu’ils pensaient que les forces de la coalition allaient chasser (le président irakien) Saddam » Hussein du pouvoir, a-t-il poursuivi, en référence à la première guerre du Golfe.

«Je rencontrerai le président Bush à Camp David pour discuter non seulement de la campagne militaire mais aussi des implications diplomatiques des récents événements pour l’avenir, et en particulier de la façon dont nous pouvons amener les Etats-Unis et l’Europe à travailler de nouveau ensemble, en tant que partenaires et non rivaux », a expliqué M. Blair.

Les discussions porteront également sur «le meilleur moyen de gérer la crise humanitaire en Irak », la reconstruction du pays après la guerre et la relance du processus de paix au Proche-Orient, a-t-il indiqué.

Avec Kofi Annan, M. Blair évoquera le rôle de l’Onu dans la reconstruction de l’Irak.

«Quelles qu’aient été les difficultés et les différences au sein de l’Onu avant le début de l’action militaire, (...) l’Onu doit être impliquée de façon centrale tant dans la gestion de la crise humanitaire que de l’aide à la reconstruction de l’Irak après le départ de Saddam » Hussein, a-t-il dit.

M. Blair souhaite obtenir une deuxième résolution de l’Onu pour garantir l’implication des Nations unies dans la reconstruction du pays et s’est dit optimiste sur les chances de l’obtenir.

A ce propos, et réfutant ainsi à l’avance l’argument qui voudrait que «les casseurs soient les payeurs », le chef du gouvernement britannique a lourdement insisté sur le fait que ce n’étaient pas les combats et les bombardements alliés qui sont responsables de la «catastrophe humanitaire » en Irak.

«Le désastre humanitaire est déjà là, maintenant. C’est ce qui se passe aujourd’hui et dure depuis des années », a-t-il assuré.

Développant ensuite un thème qui lui est cher, M. Blair a plaidé pour un rétablissement de relations transatlantiques sereines, après le traumatisme provoqué par la crise irakienne.

Le Premier ministre britannique, dont les ministres ne se sont pas privés ces dernières semaines d’accuser la France de vouloir opposer l’Europe aux Etats-Unis, a reconnu que la question devra être débattue. «Il ne sert à rien de nier » qu’il y a des problèmes, a-t-il dit.

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