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Le «gêneur» Ralph Nader s’accroche
AFP
Mis en ligne le 02/09/2004
Le candidat indépendant Ralph Nader, accusé d’avoir entravé les chances du démocrate Al Gore en 2000 et qui pourrait désormais faciliter la tâche au président républicain sortant George W. Bush, s’accroche dans la course à la Maison-Blanche.
Déjà assuré de pouvoir se présenter dans une quinzaine d’Etats, M. Nader poursuit sa croisade contre ce qu’il perçoit comme un système politique américain corrompu et trompeur.
La machine «est cassée, elle est corrompue et inféodée aux grandes entreprises », a-t-il déclaré mercredi lors d’une conférence de presse.
Ralph Nader, 70 ans, s’est fait un nom dans les années 60 comme défenseur infatigable de l’écologie et des droits des consommateurs.
Il reste très critique de la politique américaine, estimant que les électeurs sont «paresseux » et ne suivent pas ce que leurs élus font de leurs mandats. Il trouve aussi que les partis devraient cesser de «les flatter, les tromper, les embrouiller ».
Mais même certains de ses partisans de longue date redoutent qu’il compromette sa réputation d’intellectuel intègre et de citoyen consciencieux avec sa campagne. Les démocrates lui reprochent amèrement sa candidature en 2000, estimant qu’elle leur a coûté des voix cruciales en Floride, l’Etat pivot de cette élection.
M. Nader répond à ces accusations qu’elles n’ont aucun sens, tout comme il le considère pour le système politique américain dans son ensemble. «La lutte pour la justice ne devrait jamais être remise à plus tard, jamais », affirme-t-il, suggérant qu’alors les deux grands partis américains avanceraient «tous les quatre ans » et que ce n’est pas le moment de remettre l’équilibre établi en cause.
Il affirme qu’en Floride en 2000, si M. Gore a perdu avec seulement 537 voix de moins que M. Bush, c’est parce que les électeurs démocrates ont voté dix fois plus pour le candidat républicain que pour sa candidature. Et que ce résultat est imputable à M. Gore lui-même qui n’avait pas suffisamment répondu aux attentes des électeurs.
Imperturbablement persuadé du bien-fondé de sa candidature, M. Nader rend les démocrates de plus en plus nerveux et combatifs.
Le candidat a accusé le Parti démocrate de «harcèlement et d’intimidation » systématiques contre les responsables de sa campagne travaillant à rassembler les signatures nécessaires pour sa candidature dans différents Etats du pays.
En attendant, les sondages continuent de montrer George W. Bush et John Kerry au coude à coude dans une élection qui s’annonce, comme en 2000, très serrée.
Mercredi, M. Nader a estimé que M. Kerry était «entouré d’une bande de losers » incapables de revigorer le parti démocrate. «Nous pensons que Bush est le pire des deux, mais on ne peut pas se satisfaire de la politique du moins mauvais ».
Il vient de réussir à s’incrire dans un quinzième Etat -- la Floride -- et reste dans l’expectative pour quelque 25 autres, a indiqué à l’AFP son porte-parole Kevin Zeese. «Ca roule », a-t-il ajouté.
Mais le côté râleur intello de Nader passe mal aux Etats-Unis, où les électeurs sont plus sensibles à l’optimisme énergique d’un George W. Bush, ce qui a également le don d’agacer le candidat indépendant.
«C’est un optimisme d’opérette qui cache une manipulation pour obtenir le consentement des mal gouvernés et pour soutenir la ploutocratie du Parti républicain dominé par le monde des entreprises », dit Nader. «Cela ne peut pas être plus clair ».
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