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Israël recrée une "zone de sécurité" au sud du Liban

AFP

Mis en ligne le 03/08/2006

L'objectif est d'instaurer une "zone de sécurité" de six à huit kilomètres de large en territoire libanais jusqu'aux fleuve Litani.

Israël a rétabli une "zone de sécurité" au sud du Liban comme celle qui existait il y a six ans, avec le déploiement d'une dizaine de milliers de soldats en attendant l'arrivée d'une force internationale dans ce secteur.

Pour "nettoyer" la région frontalière, l'armée israélienne a fait entrer des renforts en territoire libanais. Sept régiments, dont deux de réservistes étaient en opération jeudi matin dans une quinzaine de villages, a précisé la radio militaire.

L'objectif est d'instaurer une "zone de sécurité" de six à huit kilomètres de large en territoire libanais jusqu'aux fleuve Litani. Ce dispositif devrait être en place d'ici la fin de la journée de jeudi, a indiqué le quotidien Haaretz.

Le gouvernement d'Ehud Olmert a donné ordre à l'armée de tout faire pour tenter de réduire au maximum les tirs de roquettes à courte portée qui ne cessent de pleuvoir sur le nord d'Israël. Mercredi leur nombre a atteint le chiffre record de 231 en une journée après plus de trois semaines de coups redoublés assenés au Hezbollah.

Avant l'opération "changement de cap" lancée le 12 juillet à la suite de l'enlèvement de deux soldats israéliens, la milice chitte était présente tout le long de la frontière parfois à quelques mètres seulement des positions de l'armée israélienne.

Le général Gaï Tzur, responsable d'une partie des opérations au Liban, a toutefois démenti que l'armée israélienne ait l'intention de créer une "zone de sécurité" comme celle qui existait dans les années 1980 au sud du Liban. "Notre objectif est de mettre en place une présence mobile, et nous n'avons pas l'intention de nous installer sur le terrain dans des positions fixes", a affirmé ce général.

Israël avait instauré et occupé une "zone de sécurité" au Liban sud entre 1985 et 2000 qui faisait 100 km de long, sur une profondeur de 8 à 15 km environ, selon la topographie du terrain, soit environ 850 km2. En 2000, après des centaines de morts et de blessés, sous la pression de l'opinion publique, le Premier ministre de l'époque Ehud Barak avait décidé de retirer ses troupes de cette zone.

Conscient du traumatisme que 18 ans d'occupation avait provoqué au sein de la population, les dirigeants israéliens n'ont cessé de proclamer qu'ils n'avaient aucune intention de retomber dans le "bourbier libanais", en d'autres termes de réoccuper le sud du Liban et de redevenir la cible d'une guérilla pour les combattants du Hezbollah.

Pour éviter un tel scénario, l'armée israélienne a eu massivement recours à l'aviation en multipliant les raids au Liban au début des combats. Mais la poursuite des tirs de roquettes a contraint les dirigeants politiques et militaires à recourrir à des forces terrestres pour tenter à venir à bout du Hezbollah. Malgré les renforts, les militaires n'ont toutefois pas encore trouvé la parade ce qui a contraint plusieurs centaines de milliers d'habitants du nord d'Israël à vivre au rythme des sirènes et à se réfugier dans les abris.

Dans un premier temps, des unités régulières ont été envoyées au Liban, puis des réservistes ont du être utilisés comme renforts depuis le début de la semaine.

Le Premier ministre Ehud Olmert a pour sa part prévenu que l'offensive militaire contre le Hezbollah se poursuivrait jusqu'au déploiement d'une force internationale au Liban sud. Selon lui, cette force devrait comprendre 15.000 hommes et être "composée de vrais soldats, et non de retraités qui viennent passer quelques mois tranquilles au sud du Liban".

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