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Et alors, les hommes ?
Chimie verte, avenir rose ?
Gilles Toussaint
Mis en ligne le 30/01/2007
Se dégager peu à peu de notre dépendance aux énergies fossiles... Si cette nécessité s'impose de façon de plus en plus évidente, les pistes d'alternatives demeurent néanmoins encore floues. Transport, chauffage, industrie, etc., le pétrole et ses multiples dérivés sont intimement liés à nos sociétés, de façon telle qu'on l'oublie parfois. A côté des biocarburants qui occupent souvent l'avant-scène médiatique en la matière, une large palette de secteurs est pourtant concernée par la recherche et le développement de substituts issus de l'exploitation de la biomasse (les matières organiques issues des végétaux ou des animaux). La chimie végétale travaille ainsi à l'élaboration de nouveaux produits réalisés sur base de ces matières premières renouvelables.
Un éventail très large
"Le carbone est dans tout et provient de deux sources : le pétrole ou les plantes", explique-t-on à l'ASBL Valbiom. La chimie "verte" a pour objectif de fabriquer des matériaux identiques à ceux issus du pétrole, mais en recourant à ce carbone "végétal" qui peut être reproduit de manière infinie. Une option qui offre des avantages environnementaux importants, notamment celui d'offrir un bilan d'émissions de CO2 neutre dans la mesure où les végétaux consomment du dioxyde de carbone durant leur croissance. En outre, le développement de ce créneau peut ouvrir des débouchés nouveaux aux activités agricoles et favoriser la création de filières locales de transformation.
Sur cette base, argumente-t-on chez Valbiom, on peut produire des cosmétiques comme des crèmes, des parfums ou des shampoings; des produits chimiques comme des bitumes végétaux, des biopesticides ou des solvants; des tensioactifs végétaux utilisés dans les détergents; des encres et des peintures; des biolubrifiants comme de l'huile de chaîne de tronçonneuse, des graisses ou des huiles hydrauliques; des bioplastiques produits à base d'amidon ou par fermentation des sucres et qui sont notamment utilisés pour produire des bâches de paillage agricoles, des fibres textiles ou encore des emballages alimentaires, etc.; les fibres de chanvre et de lin servent à produire des isolants thermiques et acoustiques dans le secteur de la construction, mais peuvent également intervenir dans la fabrication de plastiques renforcés utilisés dans l'industrie automobile.
"Tous ces produits existent et ne sont pas forcément neufs. Ils peuvent en outre présenter des caractéristiques techniques plus intéressantes que leurs homologues d'origine fossile. Certains composants intermédiaires interviennent parfois dans des produits sans qu'on le sache et il y a beaucoup de perspectives d'innovation. Leurs coûts diminuent, mais les gens ont encore certaines craintes et il manque encore les marchés. Il faut mettre en place des réglementations et des politiques favorables au développement des matières premières renouvelables", commentent encore nos interlocuteurs, soulignant à titre d'exemple les effets positifs qu'aurait en Wallonie une obligation de recourir à l'huile de chaîne de tronçonneuse d'origine végétale. "On consomme un million de litres de cette huile chaque année en Wallonie qui, au final, se retrouve en large part perdue dans les écosystèmes forestiers, mélangée aux copeaux. Et un litre d'huile minérale pollue un million de litres d'eau."
Si le champ des possibilités est très vaste donc, les produits dérivés de la biomasse ont aussi leurs limites. Tous les produits "verts" - comme les bioplastiques - ne sont pas forcément biodégradables, par exemple. Et puis la production de ces matières premières renouvelables connaît aussi des frontières, il convient donc de gérer ces ressources avec mesure dans le cadre d'une agriculture raisonnée.
Savoir Plus
Ces derniers mois, les records de température tombent comme la pluie un 21 juillet. Avec la prudence qui s'impose, puisque le mois et les relevés ne sont pas terminés, on peut écrire, foi de Marc Vandiepenbeeck, climatologue à l'Institut royal météorologique, que janvier 2007 sera le premier mois de l'année le plus chaud de l'histoire.
Mieux même, il va battre (et à tout le moins égaler, une petite incertitude subsistant) le plus vieux record jamais établi. Le précédent datait, en effet, de 1834. Cette année-là, la température moyenne avait été de 6,9°. Cette fois, on devrait atteindre les 7° voire même monter jusqu'à 7,1°.
Cette performance sera acquise grâce aux deux premières décades, exceptionnelles à vrai dire. La première s'est terminée sur une température moyenne de 9° alors que la normale est de 3°; la deuxième a livré un verdict plus spectaculaire encore avec 9,4° contre 3,1° pour la normale. Toutes choses qui ont plus que largement atténué le déficit de la dernière partie du mois. On tournera, en effet, autour de 2° alors que la normale est de 3,3°. On n'ose imaginer ce qu'aurait été le score de ce janvier 2007 si la tendance des deux premières décades s'était maintenue.
Pour la petite histoire, on indiquera que le mois de janvier le plus froid date de 1838 : cette année-là, la température moyenne avait affiché -6,3°. Brrr... Quoi qu'il en soit, la période est à la chaleur. Le mois de juillet 2006 a été le plus chaud depuis que les observations existent avec ses 23° (21,8° en 1994). Idem pour septembre, avec 18,4° pour 17,7° en 1949. A quand la suite ?
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