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Caricatures de Mahomet

La justice française relaxe Charlie Hebdo

AFP

Mis en ligne le 22/03/2007

Le procès avait vu plusieurs ténors politiques français soutenir Charlie Hebdo, au nom de la liberté d'expression et du droit à la satire.

La justice française a relaxé jeudi le directeur de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Philippe Val, qui était poursuivi par deux organisations musulmanes pour avoir publié en 2006 des caricatures de Mahomet.

La Grande Mosquée de Paris (GMP) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), auxquelles s'était jointe la Ligue Islamique mondiale, reprochaient au journal d'avoir publié trois caricatures qui constituaient, selon elles, une "injure" à l'égard des Musulmans. Elles considéraient que Charlie Hebdo avait commis "un acte délibéré d'agression visant à heurter" les Musulmans "dans leur attachement communautaire à leur foi".

M. Val était passible d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement et de 22.500 euros d'amende.

Lors de l'audience, les 7 et 8 février, la représentante du parquet avait requis la relaxe, notamment au nom de la liberté d'expression. L'annonce jeudi de la décision du tribunal correctionnel de Paris a été saluée par des applaudissements.

L'UOIF a en revanche immédiatement annoncé qu'elle allait faire appel de la relaxe. Parmi les trois dessins incriminés figuraient deux caricatures qui avaient déjà été éditées dans le journal danois Jyllands-Posten en septembre 2005 et avaient provoqué une flambée de violence anti-danoise dans le monde musulman.

L'un représente Mahomet portant un turban représenté sous la forme d'une bombe dissimulant une mèche et un détonateur allumé s'apprêtant à exploser et l'autre, le prophète accueillant des kamikazes au paradis avec la légende "arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges".

Le troisième dessin incriminé est signé de Cabu, dessinateur habituel de Charlie Hebdo, et montre Mahomet se prenant la tête dans les mains et déclarant "c'est dur d'être aimé par des cons", avec la légende: "Mahomet débordé par les intégristes".

Le procès avait vu plusieurs ténors politiques français soutenir Charlie Hebdo, au nom de la liberté d'expression et du droit à la satire, notamment François Bayrou, candidat centriste à la présidentielle, et François Hollande, leader du Parti socialiste.

Nicolas Sarkozy, candidat UMP (droite, au pouvoir) à la présidentielle et également ministre de l'Intérieur, avait envoyé un courrier lu au procès pour dire qu'il préférait "l'excès de caricature à l'absence de caricature".

Le jugement revêtait une "extrême importance" pour la liberté d'expression, avaient aussi estimé une cinquantaine de personnalités françaises et étrangères dans une pétition. "Nous allons faire appel car le jugement ne nous satisfait pas", a annoncé jeudi après l'annonce de la relaxe le président de l'UOIF, Lhaj Thami Breze.

En revanche, la Grande Mosquée de Paris (GMP) a indiqué par la voix de ses avocats qu'elle n'allait pas faire appel. "C'est un jugement équilibré qui ménage à la fois le droit à la caricature et la possibilité pour un groupe de personnes de se plaindre" de ce qu'il ressent comme une attaque, a estimé Me Christophe Bigot.

La justice danoise avait relaxé en octobre les responsables du Jyllands-Posten, également poursuivis par des associations musulmanes.

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