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Édito

Sarkozy : une maladresse, sans plus ?

Par Gérald Papy

Mis en ligne le 10/05/2007

Il y a gros à parier que, sauf révélation surprise, la polémique sur l'escapade de Nicolas Sarkozy sur le yacht "Le Paloma" au large de l'île de Malte s'éteindra aussi rapidement qu'elle a explosé. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne laissera pas de traces.

En soi, le séjour du Président français élu sur un bateau de luxe mis à disposition de sa famille par un ami n'est ni répréhensible, ni scandaleux, ni surprenant. Personne ne s'attendait à ce que l'ancien maire de Neuilly passe la retraite qu'il avait annoncée pour "habiter la fonction" de Président de la République française au Formule 1 de St Nazaire. Nicolas Sarkozy n'a pas tort quand il estime ne pas avoir à s'excuser pour ces quelques jours de repos mérités.

Il reste qu'après une campagne électorale quasi sans faux pas à l'aune de la stratégie adoptée par le candidat de droite à l'Elysée, la gestion de l'image de Nicolas Sarkozy depuis dimanche soir laisse à désirer. Il ne fallait en effet pas être grand clerc pour deviner que la halte au restaurant le "Fouquet's" dimanche soir, l'envol en jet privé lundi vers Malte et les quelques heures passées jusqu'à mercredi soir sur le yacht de l'homme d'affaires Vincent Bolloré seraient exploités par les détracteurs du Président fraîchement élu. D'autant que dans les derniers jours de sa campagne et singulièrement dimanche soir, Nicolas Sarkozy s'était affiché comme un Président rassembleur. Ce qui aurait dû, en définitive, relever de la vie privée et du libre choix d'une personnalité politique s'est transformé en maladresse.

Une maladresse qu'accompagne un malaise. Certes Nicolas Sarkozy a insisté : sa croisière n'a pas coûté un euro au contribuable français. Encore heureux. Mais qu'elle n'ait pas coûté un euro à l'homme Nicolas Sarkozy ne fait-il pas, s'interrogent certains, du futur Président de la République française quelqu'un qui sera redevable, demain, d'un service ou l'autre à un des principaux capitaines d'industrie français ?

Pour autant, comparer aujourd'hui Nicolas Sarkozy à un Silvio Berlusconi, homme d'affaires surgi en politique notamment pour soigner ses intérêts privés, relève de la malhonnêteté intellectuelle. Il n'empêche, il n'est pas sûr que l'image véhiculée de lui ces dernières heures plaise à l'ouvrier d'EADS ou au jeune de banlieue qui ont cru en lui dimanche dans le secret des urnes. Ni même au "Jean-Louis Borloo" du futur gouvernement. Et, en cela, le préjudice pourrait être plus lourd pour le président Sarkozy.

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