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FRANCE
Sarkozy entame ses consultations
AP
Mis en ligne le 10/05/2007
Nicolas Sarkozy, proclamé le jour-même président de la République par le Conseil constitutionnel, a entamé jeudi ses consultations pour la formation de son gouvernement, qui interviendra rapidement après son entrée en fonction le 16 mai.
Le président élu nommera son Premier ministre au lendemain de la passation des pouvoirs avec Jacques Chirac, a précisé à l'Associated Press le probable futur secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. Le gouvernement paritaire de 15 ministres promis par M. Sarkozy avant son élection sera constitué "dans les jours qui suivent". François Fillon, qui a passé une bonne partie de la journée avec le président élu, est plus que jamais favori pour Matignon.
Bronzé après son escapade maltaise, Nicolas Sarkozy a commencé sa journée par une rencontre à 8h30 avec l'ensemble des parlementaires UMP dans une salle de l'Assemblée nationale. Cette réunion était destinée à mobiliser la majorité sortante pour les élections législatives des 10 et 17 juin.
De retour dans ses bureaux provisoires du 35, rue Saint-Dominique, à deux pas du Palais-Bourbon, M. Sarkozy s'est entretenu avec les UDF Gilles de Robien et Hervé Morin. Une façon de contrer le conseil national de l'UDF, réuni au même moment par François Bayrou pour lancer son nouveau Mouvement démocrate.
Après la rencontre avec les parlementaires, les dirigeants de l'UMP ont participé à une réunion consacrée officiellement à la préparation des législatives et à la réorganisation du parti.
Le vice-président Jean-Claude Gaudin doit assurer l'intérim jusqu'à un congrès qui se tiendra à l'automne pour élire le successeur de Nicolas Sarkozy. Etaient notamment présents Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Rachida Dati, Christine Boutin, Valérie Pécresse, Brice Hortefeux, Patrick Devedjian, Michel Barnier ou Gérard Longuet, tous cités parmi les ministrables.
Car le sujet qui était dans toutes les têtes était la composition du gouvernement. Devant les parlementaires, Nicolas Sarkozy, qui veut un gouvernement "actif" et "efficace" pour mettre en oeuvre rapidement les réformes qu'il a promises, a laissé entendre qu'il privilégierait la compétence sur la fidélité. "La fidélité, c'est à titre personnel. La compétence, c'est pour le gouvernement", a-t-il dit, selon le député de Seine-et-Marne Yves Jégo.
Le gouvernement "sera composé de gens qui seront les meilleurs chacun dans leur domaine au-delà des fidélités personnelles", a rapporté Pierre Lellouche. "Il y aura des gens déçus, c'est clair, peut-être que j'en ferai partie", a reconnu celui qui rêverait d'être ministre des Affaires étrangères.
Le deuxième critère sera l'ouverture, leitmotiv de M. Sarkozy depuis son élection dimanche. Sur les 15 ministères, au moins un ou deux seront réservés aux centristes qui ont soutenu son élection et autant à des personnalités de gauche. Le président élu a l'embarras du choix pour les centristes. André Santini -reçu deux fois jeudi rue Saint-Dominique-, Hervé Morin, François Sauvadet ou Maurice Leroy sont considérés comme ministrables.
Pour incarner l'ouverture, le nom d'Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Villepin, circulait. L'autre nom avancé reste celui du "transfuge" socialiste Eric Besson. Présenté au début de la semaine comme un possible ministre, Claude Allègre a décliné l'offre disant vouloir laisser "la place aux jeunes".
A 11h, Nicolas Sarkozy a quitté son bureau provisoire pour retrouver Jacques Chirac. Les présidents sortant et élu ont assisté ensemble à la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage dans les jardins du Luxembourg, avant de s'entretenir tous les deux le chef de file de la majorité parlementaire libanaise Saad Hariri à l'Elysée.
De retour rue Saint-Dominique, le président élu a reçu Alain Juppé, qui pourrait faire son retour comme ministre d'Etat chargé du grand ministère du Développement durable promis par M. Sarkozy. Le maire de Bordeaux est reparti sans faire de déclaration.
"Il y a beaucoup de monde au portillon, beaucoup de nervosité", remarquait M. Lellouche. "Je ne sais pas ce qu'il fera, personne ne le sait".
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