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G8

Ambitions climatiques revues à la baisse

AFP

Mis en ligne le 06/06/2007

La chancelière allemande Angela Merkel va devoir rabaisser ses ambitions au G8 sur le front du réchauffement climatique: les Etats-Unis ne désirent pas que le sommet énonce un objectif global à long terme de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Le sommet, qui devait s'ouvrir à 17h00 GMT par un dîner dans un château à 15 km d'Heiligendamm (nord-est de l'Allemagne), s'annonce tumultueux, en dépit de tous les efforts de médiation de la présidence allemande. Tant sur les tensions américano-russes, après les échanges vifs entre George W. Bush et Vladimir Poutine, que sur le climat, thème cher à la présidence allemande du forum des pays riches.

A l'issue d'un déjeuner de travail à Heiligendamm avec Angela Merkel, le président américain s'est voulu en public encourageant en assurant "vouloir travailler avec (le G8) à un accord post-Kyoto" sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais Jim Connaughton, un responsable de l'administration américaine pour l'environnement, a précisé à la presse que les Etats-Unis tiennent à ce qu'un objectif à long terme de réduction des GES donne lieu à des discussions au cours des 18 prochains mois avec les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre.

La chancelière pourrait donc devoir se contenter au mieux d'engagements a minima. Mme Merkel a reçu des soutiens clairs des six autres membres du G8 pour son approche sur le climat, qui prévoit dans le cadre de l'Onu une entente dès 2009 sur un nouvel accord post-Kyoto fixant des objectifs quantifiés. Cela afin que cet accord puisse entrer en vigueur après 2012, date d'expiration du Protocole.

Le président américain a par ailleurs rejeté mercredi l'idée que l'escalade des mots entre Russie et Occidentaux puisse être suivie d'une escalade militaire, en dépit des menaces du Kremlin.

"La Russie ne va pas attaquer l'Europe", a assuré M. Bush, à la veille d'une grande explication avec le président russe. Plusieurs des alliés européens de M. Bush ont prôné la fermeté avec M. Poutine. Le Premier ministre britannique Tony Blair a promis une "franche discussion" avec lui "sur l'état des relations, non seulement entre la Grande-Bretagne et la Russie, mais aussi entre l'Europe et la Russie". Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré lundi qu'il aurait un dialogue "franc" à Heiligendamm avec Vladimir Poutine.

Sur l'autre grand dossier du G8, l'aide au continent africain, le pape Benoît XVI a appelé solennellement mercredi les huit à respecter leurs promesses "d'augmenter substantiellement l'aide au développement" adoptées au G8 de Gleneagles en 2005.

Pour ce sommet sous haute tension, la petite station coquette de la côte baltique était complètement isolée du monde par 16.000 policiers, alors que des bateaux et des hélicoptères croisaient en mer et dans le ciel. La police a utilisé mercredi des canons à eau pour repousser des manifestants qui s'approchaient de la barrière de sécurité entourant le site.

Un point de passage a été fermé après que les opposants au G8 eurent bloqué plusieurs routes à proximité de la barrière, longue de douze kilomètres, ainsi que la voie ferrée côtière utilisée pour transporter les journalistes du centre de presse, situé à Külhungsborn, vers Heiligendamm.

Les représentants des médias ont dû monter à bord de bateaux de la marine allemande pour rallier le site du G8. La justice allemande a interdit les rassemblements à proximité de la barrière de sécurité. Déjà samedi, des affrontements en marge d'une manifestation altermondialiste pacifique avaient eu lieu dans la ville voisine de Rostock.

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