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On ferme les bureaux en Afghanistan...
AFP
Mis en ligne le 13/09/2001
L’ensemble de la communauté humanitaire continuait jeudi de fermer ses bureaux d’Afghanistan et d’en évacuer son personnel expatrié, dans un contexte de crainte de riposte américaine sur le pays «hôte» d’Oussama ben Laden.
La crainte d’un «tapis de bombes», mais aussi celle d’éventuelles représailles des populations locales si des missiles venaient à frapper les civils, semblent avoir conduit les dirigeants des Nations unies comme des organisations non-gouvernementales à prendre cette décision.
Une trentaine d’expatriés ont quitté Kaboul tôt dans la matinée, par air, alors qu’une noria de vols spéciaux a été mise en place entre Kaboul et Islamabad, «avec la pleine coopération des autorités afghanes», selon les Nations unies.
Le premier vol des Nations unies à partir jeudi a emmené pêle-mêle du personnel du Programme alimentaire mondial, de Hope International, de Action contre la faim, de Habitat, et trois diplomates étrangers.
L’exode des expatriés devrait être terminé jeudi soir, estimait-on généralement dans les milieux humanitaires à Kaboul, regrettant cependant que ce départ mette un terme à toute l’assistance indispensable aux populations soumises à plus de vingt années de guerre et depuis trois ans à la pire sécheresse de mémoire d’homme. «On ne sait pas encore ce qui va continuer ou pas», a dit un responsable à l’AFP. «Chacune des ONG devra faire son propre choix».
Les employés afghans ont indiqué avoir reçu l’ordre de demeurer à leurs postes, l’un d’entre eux a toutefois déclaré que ceux de la ville orientale de Jalalabad avaient été priés de «rester chez eux».
Sans le lier spécifiquement aux attentats de mardi aux Etats-Unis, le porte-parole du coordinateur des Nations unies pour l’Afghanistan, avait fait état mercredi d’un «déplacement temporaire» du personnel expatrié du fait de «circonstances internationales».
«Le déplacement de 80 expatriés doit se terminer jeudi», a annoncé le bureau du coordinateur.
Les attentats font peser la crainte d’une riposte américaine sur les taliban qui considèrent Oussama ben Laden comme leur «hôte». Le président Bush a clairement annoncé son intention de punir les terroristes comme ceux qui les protègent.
Le millionnaire d’origine saoudienne, devenu la bête noire de tous les services anti-terroristes occidentaux, vit en Afghanistan depuis environ 5 ans. L’Allemagne a annoncé mercredi que les 23 Allemands présents en Afghanistan avaient été priés de quitter le pays pour raisons de sécurité.
Le CICR a annoncé mercredi depuis Genève la réduction de ses effectifs en Afghanistan. «Une quinzaine sont déjà partis vers le Pakistan et les autres arriveront les jours suivants, mais une quarantaine resteront», a dit la porte-parole Antonella Notari. «Chacun s’attend à des tensions, mais nous sommes prêts à assister les populations», a-t-elle dit.
Les tirs de missiles américains sur l’Afghanistan qui avaient suivi les attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie (224 morts), également imputés à bin Laden, avaient suscité des représailles contre les occidentaux présents à Kaboul.
Un employé italien des Nations unies y avait été tué. Pia Karlsson du comité suédois pour l’Afghanistan a déclaré que l’évacuation de son personnel, sept Suédois et un Néo-zélandais, était en cours. «Je suis très inquiète de ce qui risque de se passer. Les Etats-Unis ont déjà bombardé le pays et cette fois-ci, les dommages sur New York ont été tels que l’on peut envisager une terrible revanche» a-t-elle ajouté.
Ces retraits ne peuvent qu’aggraver la crise humanitaire, alors que 9 des 21 Millions d’Afghans sont menacés par la famine. Quelque 800.000 personnes ont quitté leurs domiciles depuis le milieu de l’an 2.000 en quête de nourriture et d’abris, s’ajoutant à près de cinq millions de réfugiés déjà installés en Iran et au Pakistan.
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