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Le Pakistan va devoir choisir entre l'Occident et les taliban
BELGA
Mis en ligne le 13/09/2001
Colin Powell, le secrétaire d'Etat américain, a longuement insisté mercredi devant la presse sur le rôle qu'il entend voir jouer par le Pakistan, celui d'une coopération entière dans la lutte contre le terrorisme.
Le président George W. Bush avait pour sa part menacé les «terroristes et ceux qui les protègent », faisant frissonner les milieux politiques d'Islamabad qui se sont brusquement sentis visés.
Chacun sait à Islamabad que les taliban ne sont que les «filleuls » des militaires du service de renseignement pakistanais, le très puissant ISI (Inter-Services Intelligence) qui reste leur principal soutien.
Tout en affirmant ne pas pouvoir contrôler les combattants volontaires pakistanais partis lutter avec les taliban, Islamabad serait également le dernier pourvoyeur d'armes, de munitions et de conseils techniques du régime de Kaboul.
Paradoxalement, ce soutien aux moudjahidine afghans avait commencé à la fin des années 70, sous l'égide de la centrale de renseignement américaine, la CIA, du temps où elle ne se souciait guère de la nature de ses alliés, obsédée qu'elle était de chasser les troupes soviétiques d'Afghanistan.
Pour un diplomate occidental, «c'est la dernière chance pour le Pakistan de montrer qu'il ne flirte pas avec l'extrémisme fondamentaliste », tant en Afghanistan qu'au Cachemire, où des commandos d'extrémistes ne cessent de harceler les troupes indiennes.
Derrière la façade pro-occidentale du régime pakistanais, illustrée notamment par une photo de famille du chef de l'Etat le montrant avec sa femme et ses chiens de compagnie, une image quasiment blasphématoire pour les musulmans purs et durs, se cache en effet la réalité de mouvements extrémistes d'une violence absolue, comme le confirment les très nombreux assassinats de chiites (minoritaires) par des sunnites.
A Karachi, la capitale économique du sud du pays, il ne se passe guère de jour sans manifestations violentes ou assassinats sectaires.
Dans les zones tribales du nord-ouest comme du sud, l'Etat central ne contrôle guère la situation et les écoles coraniques, toutes tendances confondues, y fleurissent.
Ces «madrassas » du nord-ouest ont été le berceau de tout le mouvement taliban, principalement d'ethnie pachtoune, un groupe réparti de part et d'autre de la frontière pakistano-afghane.
Malgré la difficulté de contrôler tous ces groupes, le général Pervez Musharraf s'est engagé jeudi, en recevant les lettres de créances du nouvel ambassadeur des Etats-Unis, à apporter son «entière coopération » à Washington en matière de lutte contre le terrorisme.
Reste que les diplomates occidentaux soulignent «la complexité des relations de pouvoir » à Islamabad et se demandent qui l'emporterait entre un président ouvertement pro-occidental dans une république islamique et des services de renseignement omniprésents.
«Quel est le pouvoir réel de Pervez Musharraf et quel est le pouvoir réel des services de renseignements. Qui contrôle qui ? » se demandait jeudi l'un d'entre eux
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