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Comment parler du drame avec les enfants?
AFP
Mis en ligne le 13/09/2001
Que peut ressentir un enfant devant le drame américain?
Le plus menaçant pour eux, c'est l'inconnu, ne pas savoir qui a fait ça. Il y a une transposition vraiment très anxieuse chez les enfants qui se demandent "s'ils" vont venir attaquer leur ville, attaquer chez eux. On assiste à une sorte d'identification new-yorkaise. Les parents ne doivent donc pas s'étonner s'il y a des troubles du sommeil, si des enfants veulent fermer les fenêtres ou vérifient les serrures. Les petits sont aussi troublés devant ce jeu de démolition qui se passe avec des vivants. Il faut vraiment, se disent-ils, que les grands soient devenus fous pour faire ce que nous on joue.
Comment aborder ces événements avec les enfants?
Il faut vivre ce moment historique et tragique en essayant d'en parler beaucoup pour éviter qu'il ne soit envahissant au niveau de l'anxiété. Rien que dire à son enfant "je veux parler de ça avec toi", c'est déjà pas mal. Pour les plus petits, on peut leur demander de dessiner ce qu'ils ont compris. On peut aussi suggérer que l'horreur ne répondra pas forcément à l'horreur, que ce sont peut-être des fous qui sont à l'origine de tout ça. De leur côté, les enseignants peuvent dévier l'horreur de l'actuel, en disant que des choses aussi graves sont déjà arrivées, que les Américains rebâtiront des tours et que les gens retourneront dans le sud de Manhattan. Il faut anticiper sur la vie qui reprendra.
Faut-il dire toute la vérité?
Mieux vaut éviter de cacher des événements douloureux car on sait bien que ça ressurgit plus tard dans une circonstance de la vie quotidienne. Et puis, par certains aspects, l'actualité colmate l'horreur au niveau psychologique.
L'enfant se dit : informez-moi le plus possible afin que j'ai moins peur. On peut donc en dire le maximum, mais en évitant la délectation morbide. Reste le plus difficile pour les familles: faire face aux pressions religieuses qui feront qu'on se sentira tantôt coupable, tantôt agressé.
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