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New York inaccessible
DAVID MARCELIS
Mis en ligne le 13/09/2001
Certains, tout d'abord,souhaitent rejoindre le domicile qu'ils avaient quitté avant la catastrophe pour un voyage d'affaire ou encore des vacances. De nombreux citadins, par contre, decident de quitter leur domicile pour retrouver des amis résidant dans une région moins peuplée. Une question demeure toutefois : comment ?
Tous les vols commerciaux ayant été suspendus dés l'attentat du World Trade Center, le voyageur privé de voiture ne disposait que de deux - tres maigres - options : le réseau national de train (Amtrak) ou de bus (Greyhound). Plus rapide (ou plutot un peu moins lent), le train fut bien souvent préféré au bus; mais pas pour très longtemps.
"Mon vol retour vers New York était prevu pour mardi soir, explique James, lui aussi en train de faire la queue au terminal Greyhound de Chicago. Dès que j'ai su que tous les vols étaient suspendus, j'ai directement appelé le service de reservation d'Amtrak, ou j'ai appris qu'ils pouvaient m'obtenir une place dans le train Chicago-New York du... lundi 17 septembre ! J'ai donc opté pour le bus".
Contrairement a son rival du chemin de fer, Greyhound ne dispose pas de service de reservation immédiate. Leur service d'information, joint par telephone dans la nuit de mardi a mercredi, est pour sa part completement débordé. "Chicago-New York ? Impossible, Port Authority (NdlR : le terminal new-yorkais) est ferme jusqu'a nouvel ordre, m'explique l'un des standardistes. Vous voulez quand meme savoir jusqu'où ira le bus ? Ecoutez, je ne peux rien vous garantir pour l'instant. Si vous avez de la chance, New York sera peut-être à nouveau accessible le temps que votre bus arrive jusque-là, mais il se peut aussi que vous vous retrouviez coincé au beau milieu de nulle part. Il vaut mieux vous renseigner sur place".
Beacoup de personnes - à Chicago, du moins - semblent avoir suivi le meme conseil, tant la station Greyhound de la ville est comble, mercredi en debut d'après-midi. "Ca fait une heure et demie que je fais la queue pour un ticket, m'indique un homme, sans que je puisse avoir la garantie qu'une fois arrivé au guichet, le bus ne sera pas annonce complet, ou même déja parti !", ironise-t-il. "Et encore, on a eu de la chance, explique son voisin : la queue n'etait pas très grande quand nous sommes arrivés. Elle est au moins deux fois plus longue maintenant".
Mercredi, 14h40, heure locale. Le bus Chicago-New York quitte le terminal. Ou plutôt les trois bus, la compagnie ayant decidé de mettre les bouchées triples afin de rencontrer l'importante demande. Apres quatre heures de route, on nous apprend néanmoins que l'arret de Cleveland est devenu une escale, escale lors de laquelle les passagers devront attendre plus de deux heures afin de pouvoir regagner un autre bus, en direction de... Philadelphie, destination à laquelle aucun des passagers du bus ne se rend !
"Le Lincoln Tunnel (NdlR : tunnel qui rejoint Newark a l'Ile de Manatthan, et franchit donc l'Hudson River) n'est toujours pas ouvert, nous explique un passager scrutant l'écran de sa mini-television. Sans doute qu'ils nous font faire ce petit detour en espérant que les choses aient changé entretemps. Dans le cas contraire, on devra patienter a Philadelphie, plutôt que dans un trou perdu". Des speculations qui seront avérées par apres : le bus rejoint Port Authority jeudi a onze heures, soit trois heures de retard "seulement" pour un trajet qui en a duré 20. "Ne vous plaignez pas, retorque l'un des passagers. Moi je viens de Californie, et j'a plus d'une demi-journée de retard sur l'horaire !" 11h, c'est egalement le moment ou le traffic aerien est officiellement autorise a reprendre. Pour l'instant, du moins...
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