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Union européenne
"L'Europe sera un idéal ou ne sera plus"
Véronique Leblanc
Mis en ligne le 14/11/2007
Tout en bleu sur fond azur étoilé, Nicolas Sarkozy a prononcé un vrai discours européen ce mardi au Parlement de Strasbourg où il se rendait pour la première fois depuis son élection. "L'Europe sera un grand idéal ou elle ne sera plus", a-t-il déclaré en s'adressant aux eurodéputés avec une détermination sous-tendue par ce qui pourrait devenir sa devise : vous saviez à qui vous aviez affaire !
Ainsi en va-t-il de la question de la volonté du président français de ne pas tenir un referendum sur le traité simplifié. "Je l'avais dit lors de la campagne. J'ai été autorisé par le peuple français à le faire ratifier par le Parlement" , a signifié Nicolas Sarkozy, non sans s'étonner, un brin perfide, que le Parlement européen rechigne à le suivre. Si l'Europe démocratique est au Parlement européen pourquoi la "France démocratique ne serait-elle pas au Parlement français ?"
Autre terrain sur lequel le président déclare tenir ses promesses, celui des réformes menées chez lui. "Ces réformes, les Français les ont approuvées, je leur ai tout dit avant les élections pour pouvoir tout faire après." Message on ne peut plus clair en pleine grève de la SNCF et de redéfinition des régimes spéciaux de retraite (lire en pp. 2 et 4).
Ce sujet, a priori hexagonal, a des dimensions communautaires selon Nicolas Sarkozy puisqu'il a déclaré que "nul en Europe n'a intérêt à une France affaiblie. [...] Ces réformes, je les mènerai jusqu'au bout. C'est le meilleur service que je puisse rendre à l'Europe".
"Bon discours européen"
Une logique imparable qui amènera le socialiste français Gilles Savary à parler de "numéro de psychanalyse franco-français" interprété par un "Rambozy" champion du "bluff".
Au-delà du bon mot, l'eurodéputé reconnaît avoir entendu un "bon discours européen" mais s'interroge : brillant dans "l'instant politique" du verbal, Sarkozy tiendra-t-il dans le "temps politique" ? Les convictions européennes affirmées à Strasbourg seront-elles toujours aussi fortes lorsque la France prendra la tête du Conseil européen en juillet prochain ?
Même son de cloche chez l'eurodéputé vert belge Pierre Jonckheer qui souligne que le président français a touché à des tabous parmi lesquels la Banque centrale européenne, non citée mais visée lorsque l'orateur a déclaré que "dans une démocratie, nulle indépendance ne peut se confondre avec une irresponsabilité totale".
"C'est un discours tout sauf langue de bois. Il ouvre le débat et sort de la grisaille", souligne le Belge. "Sarkozy a réhabilité le politique tout en touchant des sujets justes." Et de citer l'identité, la diversité, les droits de l'homme, la fiscalité, les politiques de change et la question du protectionnisme ou de la "réciprocité" dans un monde globalisé,..."
"Il faut le prendre au mot", conclut Jonckheer, "voir comment il met tout cela en oeuvre. Ce ne sera pas simple en France mais encore moins dans une Europe plus habituée aux consensus qu'aux débats musclés."
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