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Environnement
Un bras de fer sans surprise
Gilles Toussaint
Mis en ligne le 12/12/2007
Dix après la naissance du Protocole de Kyoto, le nouveau round de discussions intenses et complexes entamé il y a dix jours à Bali (Indonésie) entre ce mercredi dans le vif du sujet avec l'arrivée en piste des 130 ministres de l'Environnement provenant des quatre coins de la planète. Pendant dix jours, en effet, les "sherpas" envoyés par les quelque 190 pays signataires de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques ont tenté de défricher le terrain afin de faciliter les arbitrages politiques qui doivent être faits d'ici à la fin de la semaine. En ligne de mire : l'espoir de s'accorder sur une feuille de route établissant un cadre de négociations pour aboutir à un nouvel accord ambitieux visant à contrer le réchauffement climatique. Cet accord doit succéder au protocole de Kyoto dont l'échéance est fixée au 31 décembre 2012.
Si l'ensemble des participants semblent aujourd'hui conscients de la nécessité et de l'urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre, cet apparent volontarisme se heurte encore à la défense d'intérêts nationaux. " Tout l'enjeu est d'arriver à un accord post-Kyoto dans lequel les pays industrialisés s'engagent à des réductions d'émissions absolues et où, dans le même temps, les pays en voie de développement se fixent aussi des objectifs, même si dans leur cas, cela n'a pas de sens de demander des engagements absolus dès à présent , explique Jean-Yves Saliez, le secrétaire général d'Inter-Environnement Wallonie. Si l'on veut limiter le réchauffement à un seuil gérable, poursuit-il, les émissions des pays industrialisés devraient plafonner en 2015 avant d'entamer leur déclin. Mais ceux-ci ne représentent que la moitié des émissions mondiales, il faudra donc que les pays en voie de développement suivent la même voie et plafonnent eux aussi leurs émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020 pour ensuite entamer une courbe descendante. Le timing est très très court ."
Avant de s'engager dans un tel schéma, ces derniers entendent cependant que les pays du Nord prennent des engagements fermes sur les fonds destinés à financer leur adaptation aux conséquences des bouleversements climatiques et sur les transferts de technologies propres qui doivent leur permettre de poursuivre leur développement de manière durable. Jusqu'à présent, les promesses qui avaient été faites dans ce sens n'ont pas été pas tenues. " En ce qui concerne ces transferts de technologies, de nombreux pays du Nord ont freiné des quatre fers en raison de la question des brevets qui assurent la richesse de leurs entreprises ", souligne encore M. Saliez.
Accord et blocage
Une nouvelle positive est cependant tombée mardi puisque le secrétaire général de la Convention climat, Yvo de Boer, a annoncé qu'un accord sur la gestion de ce Fonds d'adaptation prévu par le Protocole de Kyoto avait été trouvé. Pilotée par le Fonds pour l'environnement mondial (Fem), cette "caisse" sera alimentée par un prélèvement annuel de 2 pc sur les mécanismes de développement propre (MDP) réalisés par des pays industrialisés dans des pays en voie de développement de manière à limiter les efforts de réduction à consentir à l'intérieur de leurs propres frontières. Afin de surmonter les réticences des pays en voie de développement qui voyaient d'un mauvais oeil la mainmise des pays donateurs en particulier des Etats-Unis sur le Fem, ce fonds spécial sera supervisé par un conseil d'administration composé de 16 membres : deux représentants de chacune des cinq grandes régions représentées à l'Onu, un représentant de l'Alliance des petits Etats insulaires, un des pays les moins avancés, deux issus des pays industrialisés ayant ratifié Kyoto et deux autres des pays en développement. Il devrait être opérationnel dès 2008 et engranger une somme de 300 à 500 millions de dollars entre 2009 et 2012. Voilà pour le côté positif. Pour le reste, les débats portant sur la feuille de route post-Kyoto semblaient toujours embourbés mardi soir. Le blocage a notamment trait à la volonté de l'Union européenne de voir figurer dans le document final une mention explicite ayant trait à des objectifs de réduction globale des émissions gaz à effet de serre de 25 à 40 pc dans les pays industrialisés d'ici à 2020. Une phrase à laquelle s'opposent sans surprise les Etats-Unis, mais également le Canada et le Japon qui estiment prématurés de voir figurer des engagements chiffrés à ce stade des négociations. Sans préjuger de l'issue des débats, Yvo de Boer a botté le sujet en touche soulignant qu'il s'agirait quoi qu'il advienne d'une fourchette indicative et non pas d'un objectif à atteindre.
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