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climat
Trois euros par semaine par personne
Sabine Verhest
Mis en ligne le 24/01/2008
L'analyse de Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB
Trois euros par semaine par citoyen" : voilà ce que coûtera le nouveau plan énergétique et climatique européen. "C'est bien moins que les 15 à 60 euros que coûterait l'inaction !", a déclaré José Manuel Barroso en présentant, mercredi, ses mesures de lutte contre le réchauffement climatique aux eurodéputés. En clair, l'Europe, qui ne veut au demeurant "pas être tributaire de régimes imprévisibles" pour son approvisionnement énergétique, a tout intérêt à agir.
Soucieux de voir l'Union donner l'exemple au reste du monde, la Commission a donc rendu publique la stratégie censée permettre à l'UE de porter à 20 pc la part d'énergies renouvelables dans la consommation finale et de réduire d'ici à 2020 ses émissions polluantes d'au moins 14 pc par rapport à 2005. "Nous devons respecter nos objectifs, faute de quoi nous ne serons pas crédibles", a insisté le président de la Commission.
Ainsi, parmi les cinq grandes législations proposées (LLB du 22/1), a-t-elle élaboré un nouveau mécanisme européen et sectoriel d'échange de permis de polluer, selon lequel les industries devront acheter aux enchères 100 pc de leur CO2 en 2020.
Certains secteurs, comme celui de la production d'électricité, devront payer ces droits dès 2013, mais d'autres, comme celui de l'acier, disposeront de quotas de dioxyde de carbone gratuits en attendant un accord international, en l'absence duquel la Commission envisage de taxer les importations de produits de pays peu respectueux de l'environnement.
Les Etats, en fonction de leur richesse, devront parallèlement chacun réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (15 pc pour la Belgique) dans les secteurs qui ne sont pas couverts par le système de permis de polluer (comme le transport, l'agriculture ou le logement), et augmenter leur consommation d'énergies renouvelables (à 13 pc pour la Belgique).
Des bémols
"C'est le paquet le plus complet qui existe au monde", s'est gargarisé le président de la Commission européenne. Les réactions étaient d'ailleurs plutôt positives, mercredi, parmi les eurodéputés qui, avec les Etats membres, devront amender et adopter ces législations. "C'est l'acte le plus important posé par la Commission Barroso", a estimé le chef de file des libéraux européens, Graham Watson.
Mais des bémols se sont également fait entendre.
Décalés : "dépenser autant est du gaspillage", a tempêté l'eurodéputé conservateur polonais Bodgan Pek. Sceptiques : "Personne n'a jamais dit que relever le défi sera facile", a réagi le libéral britannique Chris Davies, et "je crains que les gouvernements signent mais ne tiennent pas leurs promesses". Engagés : "l'Europe a un rôle dirigeant en matière de changements climatiques, mais nous devons défendre nos industries", a estimé le conservateur italien Alessandro Foglietta, pendant que la verte française Marie Anne Isler Béguin regrettait que l'Exécutif ait "cédé aux sirènes du commissaire à l'Industrie en accordant des quotas, des droits d'émissions à polluer gratuits aux industries les plus énergivores, telle que la sidérurgie".
Craintes pour l'emploi
Des craintes pour l'emploi se sont également manifestées.
"Il est très important d'avoir des industries propres, mais il est également très important d'empêcher toute délocalisation de l'emploi", a martelé le socialiste finlandais Reino Paasilinna. Pour lui, "la Commission n'a pas pris suffisamment en considération la question des emplois".
Rien que le secteur des énergies renouvelables emploiera en 2020 plus d'un million de personnes, a assuré la Commission.
"Nous ne sommes pas pour l'environnement et contre l'économie", a réagi M. Barroso, "nous ne voulons pas exporter nos emplois vers d'autres régions du monde."
D'autant que si des entreprises délocalisent "vers des pays qui n'ont pas de règles, elles vont continuer à polluer la planète", a embrayé le commissaire à l'Environnement Stavros Dimas.
D'où l'importance - et tous insistent - d'aboutir à un bon accord international post-Kyoto en 2009 à Copenhague.
"Il ne sert à rien d'avancer si les autres ne nous suivent pas", a lâché le socialiste autrichien Hannes Swoboda. "Les accords internationaux sont indispensables, nous ne pouvons pas nous permettre d'être à la traîne et c'est pour cette raison que nous ne pouvons pas donner l'impression d'être hésitants au moment d'avancer au-delà des mesures aujourd'hui proposées."
D'ici à 2009, les Vingt-sept et le Parlement européen doivent avoir adopté le paquet législatif.
"A nous de rendre les choses possibles", a déclaré la libérale suédoise Lena Ek. "L'empereur ne doit pas être nu en arrivant à Copenhague !"
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