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Poutine félicite Medvedev
AFP
Mis en ligne le 02/03/2008
Vladimir Poutine a félicité dimanche Dmitri Medvedev, vainqueur de l'élection présidentielle russe avec les deux tiers des voix, qui a de son côté promis de poursuivre la politique de son prédécesseur.
Dmitri Medvedev, le candidat du Kremlin, a obtenu 68,2% des voix, a annoncé la Commission électorale centrale après dépouillement des suffrages dans 50,1% des bureaux de vote. Le taux de participation est de 65%, a précisé la Commission.
"Je félicite Dmitri Medvedev", a déclaré M. Poutine, présent aux côtés de son dauphin à un concert sur la Place rouge, dont des images étaient retransmises à la télévision. "L'élection présidentielle a eu lieu et notre candidat est sans aucun doute en tête", a-t-il ajouté, sous les ovations de jeunes partisans, dans une allusion aux premiers résultats partiels..
"Cela signifie que nous vivons dans un Etat démocratique et que notre société civile devient efficace, responsable et active", a assuré le président russe.
Visiblement heureux et sûr de lui, M. Medvedev, en blouson de cuir, a déclaré que la Russie avait choisi d'aller de l'avant et a promis que "la politique du président Poutine" serait poursuivie. "Aujourd'hui, c'est une journée particulière. Nous choisissons la voie du développement du pays sur une longue période à venir", a-t-il encore dit.
"Nous avons toutes les chances de préserver la politique de Poutine. Nous allons aller de l'avant et ensemble nous gagnerons !", a poursuivi M. Medvedev, semblant déjà revêtir les vêtements du président, ce qu'il fera en mai, au moment de la passation des pouvoirs.
Le candidat communiste Guennadi Ziouganov, qui arrive en deuxième position avec 18,7% des voix, selon les chiffres de la Commission électorale, a annoncé qu'il allait porter plainte devant les tribunaux pour violations de la loi électorale. "Nous avons des preuves de falsifications des élections et nous allons nous adresser aux tribunaux", a-t-il déclaré, cité par l'agence Itar-Tass.
Le chef du Parti communiste avait auparavant dénoncé un scrutin "peu honnête", au cours d'une conférence de presse retransmise à la télévision. "C'est une élection peu honnête. (...) J'ai une liste de près de 200 violations, plus cyniques les unes que les autres", a-t-il déclaré, assurant que, d'après certaines estimations, entre 25 et 35% des Russes le soutiennent. "Pour moi, Medvedev n'a pas gagné", a encore dit M. Ziouganov.
L'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, considéré comme proche du Kremlin, totalise 11% des suffrages, toujours selon la Commission électorale centrale.
Interrogé sur le fait de savoir s'il allait contester le déroulement de la présidentielle, M. Jirinovski a répondu, cité par l'agence Ria-Novosti : "Nous avons toujours porté plainte, et toujours sans résultat. Cette fois-ci, nous allons de nouveau porter plainte".
Andreï Bogdanov, un quasi-inconnu favorable à l'entrée de la Russie dans l'Union européenne, a, pour sa part, un peu moins de 1,3% des suffrages.
La présidentielle a été "honnête" et "bien organisée", a considéré Paul-Marie Coûteaux, député français au Parlement européen et observateur, dans une déclaration à l'AFP. L'élection a offert "un véritable choix" et montré que rien n'avait été décidé "d'avance", a, quant à lui, commenté le chef de la campagne de Dmitri Medvedev, Sergueï Sobianine, sur la télévision Vesti.
A 42 ans, Dmitri Medvedev devient ainsi le troisième président de la Russie post-soviétique après Boris Eltsine (1991-1999) et Vladimir Poutine (2000-2008).
Il est aussi le premier dont l'histoire personnelle ne soit pas enracinée dans l'Union soviétique puisqu'il n'avait que 26 ans à la chute du communisme, fin 1991.
Après deux mandats consécutifs, Vladimir Poutine, qui ne pouvait se représenter selon la Constitution russe, en avait fait en décembre son dauphin et a promis d'être son Premier ministre.
Le scrutin, joué d'avance, s'est de fait plus apparenté à une passation de pouvoir qu'à une élection, tant la victoire du premier vice-Premier ministre, juriste de formation et Pétersbourgeois comme son mentor, a été annoncée, préparée, organisée par le Kremlin.
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