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Chine/Tibet
A 5 mois des JO, le dalaï lama dénonce la répression
AFP
Mis en ligne le 10/03/2008
Le dalaï lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, a violemment dénoncé lundi la répression chinoise au Tibet, dans une déclaration inhabituellement sévère exprimée pour le 49e anniversaire de son exil en Inde et à cinq mois des jeux Olympiques de Pékin. Le lauréat 1989 du prix Nobel de la paix, qui bénéficie depuis six mois d'un regain de soutien en Occident, s'est insurgé contre des "violations énormes et inimaginables des droits de l'Homme" commises par la Chine au Tibet, allant "jusqu'à la négation de la liberté religieuse". "Depuis près de six décennies, des Tibétains vivent en permanence dans la peur et sous répression chinoise", a-t-il lancé devant ses partisans réunis dans son lieu d'exil à Dharamsala dans le nord de l'Inde.
Le "Parlement" tibétain a lui aussi fustigé le "comportement inhumain" de la Chine, malgré la reprise en 2002 de négociations directes entre les deux parties. Ces commentaires très durs, prononcés 49 ans après le départ forcé du dalaï lama de Lhassa, tranchent avec le ton plutôt modéré qu'il a adopté à l'égard de la Chine ces dernières années, même s'il l'accuse régulièrement d"agression démographique" par une colonisation accélérée du Tibet menant à "une sorte de génocide culturel".
Une centaine de Tibétains exilés en Inde, qui avaient commencé lundi une marche symbolique depuis Dharamsala, ont été empêchés par la police de mener à bien leur projet de se rendre au Tibet. "Nous avons ordonné aux marcheurs de ne pas quitter le district de Kangra et s'ils enfreignent cet ordre, les mesures nécessaires seront prises", a déclaré à l'AFP le chef de la police locale, qui a précisé qu'il agissait selon les souhaits de New Delhi.
Plus tôt dans la journée au Népal voisin, une centaine de réfugiés tibétains avaient été arrêtés après des heurts avec la police à Katmandou au moment où ils tentaient de se rendre à l'ambassade de Chine.
Samedi, le dignitaire religieux de 72 ans avait toutefois réaffirmé le droit de Pékin d'organiser les JO en août, après que le chef du Parti communiste chinois de la région autonome du Tibet l'eut accusé d'essayer de "saboter cet événement" sportif planétaire.
L'homme qui a fui le Tibet en 1959 après l'échec d'un soulèvement anti-chinois a abandonné ses revendications d'indépendance, se bornant à réclamer "une large autonomie" pour sauvegarder la langue, la culture et l'environnement de ce territoire himalayen.
La Chine, qui en a pris le contrôle à partir de 1950 --avant d'y mener une sanglante répression-- n'a cessé de rejeter ces demandes qualifiées par le dalaï lama de diplomatie de la "voie moyenne". "Ces dernières années, le Tibet a été le théâtre d'une répression et d'une brutalité de plus en plus fortes. Malgré ces évolutions malheureuses, je reste déterminé à poursuivre ma politique de la +voie moyenne+", a-t-il assuré.
D'après des analystes, le dalaï lama, frustré par le refus de la Chine de discuter d'autonomie "culturelle", met la pression sur Pékin avant les JO, en multipliant les sorties sur la scène internationale. L'ayant invité en octobre aux Etats-Unis, George W. Bush avait salué en lui un "symbole universel de paix et de tolérance". Faisant fi des avertissements chinois, les chefs des gouvernements allemand, autrichien et canadien avaient aussi accueilli en septembre et octobre la bête noire de Pékin.
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