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Tibet
Emeutes de Lhassa: au moins 80 morts
AFP
Mis en ligne le 15/03/2008
Le gouvernement tibétain en exil a annoncé dimanche à Dharamsala (Inde) avoir reçu la confirmation d'un bilan de 80 morts dans les violences au Tibet. "Au vu du nombre de corps, il y a 80 morts. Nous avons 80 corps non identifiés", a déclaré Thubten Samphel, porte-parole de l'administration tibétaine, au cours d'une conférence de presse à Dharamsala.
Le bilan a été établi "à partir de coups de téléphone passés depuis le Tibet" par des témoins, a-t-il précisé. "Pour le moment, nous avons 80 morts confirmés", a ajouté Tenzin Takhla, un proche collaborateur du dalaï lama, établi à Dharamsala depuis qu'il quitté le Tibet en 1959.
Le gouvernement tibétain en exil a appelé samedi à une enquête de l'ONU sur les violences au Tibet.
L'entourage du dalaï-lama a rejeté les accusations chinoises selon lesquelles le chef spirituel tibétain en exil aurait fomenté les manifestations violentes. "Le Parlement tibétain appelle l'ONU à envoyer des représentants immédiatement et à intervenir et enquêter sur les violations actuelles des droits de l'Homme au Tibet", a déclaré le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde. "Nous avons des informations non confirmées faisant état d'une centaine de morts et de l'instauration de la loi martiale à Lhassa", a indiqué le gouvernement en exil dans un communiqué.
Le gouvernement en exil s'est déclaré "hautement préoccupé" par des informations "émanant des trois régions du Tibet et faisant état de personnes tuées au hasard, de blessés et d'arrestations de milliers de Tibétains qui manifestaient pacifiquement contre la politique chinoise".
Ces manifestations "ont débuté le 10 mars, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement antichinois et se sont poursuivies à la suite de la violente répression par le régime oppressif chinois", selon le communiqué.
Au lendemain des manifestations antichinoises de Lhassa, les plus sanglantes depuis 1989 au Tibet, l'agence officielle Xinhhua (Chine Nouvelle) a avancé un bilan d'au moins 10 morts et de nombreux blessés.
Samedi matin, Lhassa était calme et quadrillée par les forces de l'ordre. Des chars et des véhicules militaires patrouillaient dans les rues, selon des témoins. "Les victimes sont toutes des civils innocents et elles sont mortes carbonisées", a déclaré un responsable du gouvernement régional du Tibet, cité par Chine Nouvelle.
De nombreuses boutiques ont été incendiées vendredi dans le coeur historique de la capitale du Tibet pendant des manifestations organisées par des moines bouddhistes, célébrant depuis le début de la semaine le 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï-lama.
Dans la nuit de vendredi à samedi, l'agence Chine Nouvelle, citant le gouvernement régional du Tibet, a affirmé que les troubles à Lhassa avaient été fomentés par "la clique du dalaï-lama".
Le secrétaire du chef spirituel tibétain, Chhime R. Chhoekyapa, a répliqué que les accusations chinoises étaient "absolument sans fondement et dénuées de toute vérité". "Ce type d'accusations a déjà été proféré et il n'y a rien de vrai dans tout cela", a-t-il dit, déclarant que les manifestations étaient "spontanées".
A Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où sont réfugiés depuis 1959 le dalaï-lama et les membres de son gouvernement en exil, Chhime R. Chhoekyapa a appelé à nouveau la Chine et les Tibétains à arrêter les violences.
Le Premier ministre du gouvernement en exil, Samdhong Rinpoché, a appelé la Chine à agir avec "compassion". "Nous espérons que la direction chinoise, qui a mis fin dans le passé au mouvement pro-démocratie de la place Tiananmen, réglera cette situation avec compassion et sagesse", a déclaré Samdhong Rinpoché à l'AFP.
En signe de protestation contre la répression chinoise, une quarantaine d'exilés tibétains ont entrepris samedi une nouvelle marche vers le Tibet depuis la ville de Dehra, dans le nord de l'Inde.
Une précédente marche depuis la même ville, située à 55 km de Dharamsala, s'était soldée jeudi par l'arrestation de cent Tibétains, qui marchaient depuis lundi pour manifester contre les "violations des droits de l'Homme" commises par la Chine au Tibet.
Savoir Plus
Nouvelles manifestations de moines tibétains dans le nord-ouest chinois
De nouvelles manifestations emmenées par des moines bouddhistes ont éclaté samedi dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest), selon des groupes de défense des Tibétains. "Nous avons eu confirmation de manifestations au monastère de Labrang à Xiahe et les forces de l'ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes", a indiqué à l'AFP Kate Saunders de Campagne internationale pour le Tibet. "Selon deux sources, il y a eu jusqu'à 5.000 personnes à Labrang", a ajouté Mme Saunders. Labrang est l'un des plus grands monastères du bouddhisme tibétain, hors de la région administrative du Tibet. Plusieurs milliers de Tibétains avaient déjà manifesté à Xiahe, vendredi. L'organisation Free Tibet Campaign a également fait état des manifestations de samedi. "Des bâtiments officiels ont été détruits, des gaz lacrymogènes ont été tirés, environ 20 personnes ont été arrêtées", a déclaré à l'AFP Matt Whitticase, porte-parole de cette organisation. Des manifestations ont eu lieu dans au moins deux autres villes de cette province qui abrite plusieurs monastères, à Bora où des véhicules ont été brûlés et à Taktshang, selon des informations recueillies par Free Tibet Campaign.
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