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Chine
Les manifs tibétaines se propagent
Mis en ligne le 17/03/2008
Les manifestations de Tibétains se sont propagées dimanche en Chine, avec au moins sept personnes tuées au Sichuan (province voisine du Tibet), tandis que le dalaï-lama dénonçait "le régime de la terreur" qui a fait 80 morts à Lhassa, selon le gouvernement tibétain en exil.
La capitale du Tibet, qui s'était embrasée vendredi, était toujours bouclée et quadrillée par d'impressionnantes forces de l'ordre, dimanche, selon des témoins.
Dans la province voisine du Sichuan, au moins sept personnes ont été tuées par balles lors d'une manifestation partie du monastère de Kirti et réprimée par la police, à Ngawa, un district tibétain, selon la Campagne Internationale pour le Tibet (ICT). Selon un membre belge de cette ONG, les autorités chinoises ont exigé le départ de toutes les ONG étrangères du Tibet pour lundi midi.
La situation semblait tendue aussi dans la province du Gansu (Nord-Ouest) où de nouvelles manifestations avaient éclaté samedi autour du monastère de Labrang.
Régime de la terreur
Depuis son lieu d'exil, Dharamsala (Inde), le dalaï-lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, a dénoncé l'attitude au Tibet des autorités chinoises. "Elles s'appuient uniquement sur la force de façon à obtenir un simulacre de paix, une paix amenée par la force au moyen d'un régime de la terreur, a-t-il dit. S'il vous plaît [...], qu'un organisme international tente d'abord d'enquêter sur la situation au Tibet", a plaidé le prix Nobel de la paix 1989.
A cinq mois des Jeux Olympiques de Pékin, ces événements, qui sont les plus violents au Tibet depuis 1989, ont suscité des appels au boycott. Le Comité olympique allemand (DOSB) a indiqué que certains sportifs célèbres songeaient à annuler leur participation, en les appelant à faire acte de présence en "signe de paix".
Le bilan officiel des victimes de Lhassa est de dix morts, soit huit fois moins que celui annoncé par les Tibétains en exil. Un millier de ceux-ci ont manifesté dimanche à Dharamsala contre le "génocide au Tibet", piétinant des centaines de drapeaux chinois.
Selon les témoignages et les images recueillis, d'importants contingents militaires étaient déployés dans la ville, faisant du porte à porte.
Guerre populaire
Les autorités ont juré de "réagir fermement" aux violences, que Pékin attribue à des séparatistes à la solde du dalaï-lama. Selon le "Quotidien du Tibet", lors d'une réunion de crise samedi, les responsables régionaux ont "souligné qu'il fallait livrer une guerre populaire, contre la division et pour protéger la stabilité". Les autorités ont donné jusqu'à lundi minuit aux manifestants pour se rendre.
De Lhassa, fermée aux touristes étrangers, les témoignages recueillis par téléphone décrivaient une situation tendue mais avec une ébauche de retour à la normale. Des touristes étrangers arrivés dimanche à Chengdu (Sichuan) en provenance de Lhassa ont néanmoins fait état de coups de feu samedi jusque dans la nuit. Samedi "a peut-être été la pire journée, complètement chaotique, avec des gens portant des masques qui couraient et criaient dans les rues", a indiqué le responsable d'une organisation non-gouvernementale médicale.
Des manifestations contre la répression au Tibet ont eu lieu à Bruxelles et à La Haye, où des manifestants ont tenté de prendre d'assaut l'ambassade de Chine. Un débat sur un boycott des JO aura lieu à la mi-avril au Conseil de l'Europe, dans le cadre de l'assemblée parlementaire de l'organisation.
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