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Chine/JO

L'Union est contre le boycott des Jeux

AFP

Mis en ligne le 17/03/2008

A cinq mois des JO de Pékin, aucun dirigeant international n'a d'ailleurs pour l'instant appelé à ce boycottage réclamé par quelques militants et personnalités isolées.

Les responsables européens ne croient pas que le boycottage des Jeux olympiques de Pékin soit la bonne solution pour inciter la Chine à faire des efforts dans le domaine des droits de l'homme, que ce soit au Tibet ou ailleurs. Le boycottage "ne serait pas une manière appropriée de répondre au problème du respect des droits de l'homme, c'est-à-dire des droits religieux et ethniques des Tibétains", a estimé lundi Christiane Hohmann, porte-parole de la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. La réponse "doit se faire d'une autre manière", a-t-elle ajouté.

Que ce soit avec la Chine ou d'autres partenaires stratégiques comme la Russie, les Européens préfèrent ainsi mettre en avant la nécessité d'un "dialogue régulier" sur les droits de l'homme. "Pour les droits de l'homme, pour les gens au Tibet ou pour les Tibétains des autres provinces chinoises, un boycottage ne changerait absolument rien à leur situation", a souligné Thomas Steg, porte-parole adjoint de la chancelière allemande Angela Merkel. Cela "ne pénaliserait que les sportifs et ceux qui s'y préparent depuis des années", a-t-il insisté, rejoint dans cette analyse par plusieurs responsables politiques et sportifs européens. "Les boycottages n'ont jamais marché", a ainsi jugé le président du Comité olympique européen Patrick Hickey, évoquant les boycottages des JO de Montréal en 1976, de ceux de Moscou en 1980 et de Los Angeles en 1984. "Les seules personnes qui soient punies par les boycottages sont les athlètes", a-t-il insisté à l'issue d'une réunion avec les ministres des Sports de l'UE à Brdo Pri Kranju (Slovénie).

Au cours de cette réunion, les ministres européens ont bien évoqué les problèmes du Tibet mais en rejetant un boycottage des Jeux olympiques. "Personne autour de la table n'a soutenu l'idée que le boycottage était la bonne réponse", a ainsi assuré le commissaire européen chargé des Sports Jan Figel à l'issue de cette réunion, soulignant qu'il était "important d'utiliser le sport pour promouvoir les valeurs internationales importantes". Un boycottage des JO "nuirait considérablement au sport", a poursuivi le ministre slovène des Sports Milan Zver, dont le pays préside l'UE.

A cinq mois des JO de Pékin, aucun dirigeant international n'a d'ailleurs pour l'instant appelé à ce boycottage réclamé par quelques militants et personnalités isolées. Pas même le dalaï-lama, apôtre de la non-violence, qui malgré sa condamnation dimanche du "régime de la terreur" chinois après les émeutes au Tibet, a jugé aussi que la Chine "méritait" ses Jeux olympiques. "Les jeux Olympiques sont un grand événement sportif qui ne doit pas être politisé", a déclaré de son côté lundi à la presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascale Andréani.

Si les Européens se sont montrés lundi "très inquiets" des événements au Tibet, ils n'ont pas non plus fait porter la responsabilité des violences uniquement sur le gouvernement chinois, accusé par le Parlement tibétain en exil d'avoir tué des centaines de personnes. "L'UE appelle toutes les parties à la retenue. Nous appelons les autorités chinoises à ne pas utiliser la force contre les personnes impliquées dans les troubles et les manifestants à ne pas avoir recours à la violence", a ainsi déclaré la présidence slovène de l'UE dans un communiqué. Pékin s'est défendu lundi d'avoir réprimé dans le sang les émeutes au Tibet, alors que le Parlement tibétain en exil l'accusait d'avoir tué des centaines de personnes après les manifestations qui ont débuté le 10 mars, à l'occasion du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois de Lhassa.

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