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Congo - Belgique
Améliorer la transparence des mines
Belga
Mis en ligne le 23/04/2008
Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a offert mercredi l'assistance de la Belgique pour la réforme du riche secteur minier du Katanga, qui passerait notamment par la création d'une nouvelle bourse à établir à Lubumbashi, le chef-lieu de cette province du Katanga (sud-est de la République démocratique du Congo).
Il a cependant réaffirmé que la Belgique n'agissait pas par intérêt, mais afin d'améliorer le bien-être de la population congolaise. "Dans l'attention que je porte au Congo, mon souci principal est l'amélioration des conditions de vie et de travail des Congolais.La Belgique n'a pas d'intérêt caché pour le secteur minier congolais", a-t-il assuré lors d'un discours prononcé à la section katangaise de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).
Le ministère belge des Affaires étrangères a pris depuis 2006 plusieurs initiatives afin de favoriser la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur minier congolais, susceptible de générer d'importantes recettes en faveur du budget de l'Etat - qui se limite en 2008 à environ 2,5 milliards de dollars (moins de deux milliards d'euros), pour un pays de quelque 60 millions d'habitants vaste comme l'Europe.
Selon certaines estimations, quelque 90% des exportations congolaises de minérais se font en dehors de tout cadre légal, alors que des milliers de "creuseurs" artisanaux peinent à survivre, avec des salaires de misère, dans des conditions de travail extrêmement pénibles. L'ex-Zaïre, qui dispose d'immenses ressources naturelles - au point d'être parfois qualifié de "scandale géologique" -, reste l'un des pays les plus pauvres d'Afrique, ravagé par la guerre et les pillages, gangrené par la corruption et asphyxié par une gestion désastreuse de son secteur minier.
La Belgique a financé une "Task Force" sur les ressources naturelles en Afrique centrale (la TF MIRECA), à l'origine de propositions approuvées lors d'une conférence tenue l'an dernier à Lubumbashi et que M. De Gucht a largement fait siennes mercredi.
Le chef de la diplomatie belge a ainsi suggéré "un renforcement structurel des capacités géologiques en RDC et la certification des mineraux artisanaux au Katanga, à la sortie de la mine et au niveau de la bourse d'achat". Il a proposé la création d'une bourse d'achat et de vente pour les minerais artisanaux de cuivre et de cobalt, dans laquelle les minerais et produits dérivés seraient "vendus et achetés entre vendeurs et acheteurs enregistrés et agréés, au prix du marché, évalué sur base des cotations sur les marchés internationaux", recueillant des applaudissements d'hommes d'affaires congolais. Selon M. de Gucht, une partie des revenus générés par cette bourse serait réinjecté dans le secteur artisanal, afin de renforcer et d'accélérer sa formalisation progressive (sa conversion en "secteur formel").
Un tel système devrait permettre de "ramener dans la légalité les innombtables transactions illégales de minerais artisanaux" en veillant à ce que ce commerce contribue équitablement au budget de la RDC et de la province du Katanga. Le ministre belge a toutefois admis que la réalisation d'un premier projet-pilote est un effort de longue haleine, exigeant "du temps et un investissement considérable" et l'aide des institutions financières internationales et de la communauté des bailleurs de fonds.
M. De Gucht s'est toutefois félicité de la volonté exprimée par le gouvernement de Kinshasa d'adhérer à l'Initiative de Transparence des Industries extractives (ITIE, assez comparable pour les minerais au processus de Kimberley pour le diamant).
Dans la matinée, le ministre et sa délégation s'étaient rendus à la mine de Ruashi, dans la banlieue de Lubumbashi, où des centaines de "creuseurs" extraient des minerais de manière tout à fait artisanale, en creusant de simples trous dans le sol.
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