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Diplomatie

Jean-Pierre Bemba veut comparaître libre devant la CPI

M.F.C.

Mis en ligne le 28/05/2008

Sa demande de libération est examinée ce matin par la chambre du conseil de Bruxelles.

Le chef de l'opposition congolaise Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi à son domicile de Rhodes-St-Genèse sur demande la Cour pénale internationale (CPI) et incarcéré à la prison de St-Gilles, comparaît ce mercredi matin devant la chambre du conseil à Bruxelles.

La justice belge a reçu le week-end dernier un mandat d'arrêt international émis par la CPI contre l'ancien vice-Président du Congo pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Le juge d'instruction de service l'a exécuté, conformément à la loi de 2004 par laquelle la Belgique a ratifié le statut de la CPI.

Libre ou menotté ?

Selon cette procédure, "la Belgique n'a pas de droit de regard sur le fond du dossier", a précisé à "La Libre Belgique" Me Pierre Legros, l'avocat de M. Bemba. "Mais elle est compétente pour juger si M. Bemba offre des garanties suffisantes qu'il se rendra volontairement aux convocations de la CPI". Autrement dit, la chambre du conseil de Bruxelles doit examiner si M. Bemba peut être remis en liberté et comparaître libre devant la CPI ou si l'on ne peut lui faire confiance et qu'il doit rester détenu jusque-là et être conduit à La Haye menottes aux poings.

Ce mercredi, Me Legros demandera la libération provisoire de son client et fera valoir les garanties offertes par ce dernier.

Il peut payer une caution fait valoir son défenseur. "Il est en outre propriétaire en Belgique d' une maison où il est domicilié, ainsi que sa femme et ses enfants; et ces derniers sont scolarisés en Belgique. De plus, M. Bemba a prévu une série de rencontres et conférences dans l'espace Schengen, où il voyage officiellement. Par ailleurs, il est sénateur au Congo, où il a un avenir politique; ce n'est pas quelqu'un qui va aller se cacher en Amérique latine pour échapper à la justice. Enfin, il conteste l'accusation de la CPI sur le fond et entend bien se rendre devant celle-ci pour se défendre. Mais de préférence pas menotté..." dit Me Legros.

La chambre du conseil n'aura pas à se prononcer sur l'extradition de l'opposant congolais : s'agissant de la CPI, "nous sommes sous un autre régime : il ne s'agit pas d'extradition mais de transfèrement, que le pays de détention est obligé d'exécuter".

Manifestations

Lundi, des milliers de personnes ont marché dans les rues de Mbandaka (Equateur, province d'origine des Bemba et la seule à être dirigée par un gouverneur d'opposition - en l'occurrence MLC, le parti de M. Bemba) pour réclamer la libération de l'opposant, a rapporté l'AFP. Mardi, c'est un millier de personnes qui ont fait de même dans la capitale congolaise.

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