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Union européenne
Quels remèdes pour les pêcheurs ?
Sabine Verhest
Mis en ligne le 04/06/2008
Pêcheurs, routiers et agriculteurs maintiennent la pression face à l'augmentation des prix des carburants. "Nombre d'entreprises travaillent actuellement au-dessous de leurs coûts d'exploitation et des milliers sont en faillite", a alarmé l'Unostra, membre français de l'Union européenne des transports routiers. "Si les gouvernements restent insensibles à cette situation intenable, des manifestations fortes et étendues sont à prévoir."
Les Vingt-sept peinent cependant à dégager des remèdes. Les ministres européens des Finances ont rejeté, lundi à Francfort, l'idée de Nicolas Sarkozy de suspendre le prélèvement de la TVA sur le prix des produits pétroliers à partir d'un certain niveau, afin de limiter les effets de la hausse des cours du brut. Répondre par des mesures fiscales "s'est souvent révélé être une erreur" dans le passé, juge l'Allemand Peer Steinbrück, cité par Reuters. Les Européens se sont d'ailleurs engagés en 2005 à Manchester à ne pas y recourir. "Diminuer la fiscalité, c'est donner un feu vert aux producteurs pour augmenter leurs prix", estime d'ailleurs Michaël Reul, le secrétaire général de l'Union professionnelle belge du transport et de la logistique.À court et long termes
Cela n'empêche pas d'envisager d'autres mesures, pour autant qu'elles soient temporaires et ne perturbent pas le marché, remarque le commissaire européen Joaquin Almunia. Les Vingt-sept sont censés réfléchir, d'ici au sommet européen des 19 et 20 juin, aux moyens d'"alléger le fardeau que doivent supporter les couches les plus vulnérables de nos populations", comme le dit le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. La transparence des stocks pétroliers européens, l'introduction d'une TVA à taux réduits sur les produits écologiques, la taxation des compagnies pétrolières ou l'adoption de mesures sectorielles pour les populations les plus défavorisées doivent trouver place dans ce débat, précise la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.
Dans l'immédiat, les pêcheurs, eux, réclament des aides d'urgence. Le ministre portugais de l'Agriculture et des Pêches, Jaime Silva, a ainsi proposé de débloquer 40 millions d'euros en faveur du secteur, évoqué "des mesures de caractère social" ainsi qu'une réduction de moitié des taxes portuaires. D'autres "mesures temporaires à caractère social" seront élaborées cette semaine à Madrid par les ministres portugais, espagnol, italien et français, avant d'être proposées à leurs homologues européens le 23 juin prochain à Luxembourg.
"Encore faut-il que chaque solution spécifique s'inscrive dans des orientations à long terme", cadre le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger. Car on n'assiste "pas à un problème conjoncturel mais structurel à long terme". L'approche doit permettre, pour le porte-parole du ministère britannique de l'Environnement, d'aider "le secteur de la pêche à s'adapter au prix croissant du carburant". Si le problème se pose aujourd'hui, c'est aussi parce que "les pêcheurs n'ont pas restructuré ni renouvelé leur flotte", enchérit Ferran Tarradellas, le porte-parole du commissaire à l'Energie.
Tout l'enjeu de la politique que l'Union tente de mettre en place est de voir plus loin, avec un marché unique plus compétitif, l'amélioration de l'efficacité énergétique, la diminution de la consommation, le recours aux renouvelables; le tout pour diminuer la dépendance extérieure et n'utiliser le pétrole que lorsque c'est exclusivement nécessaire.
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