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Etats-Unis - La campagne présidentielle

Hillary Clinton programme son appui

Philippe Paquet

Mis en ligne le 06/06/2008

Elle annoncera son soutien à Barack Obama samedi lors d'un meeting à Washington. Une démonstration de force au service du marchandage politique en cours.

Hillary Clinton annoncera officiellement samedi son ralliement à Barack Obama, lors d'un rassemblement à Washington qui avait initialement été prévu vendredi, mais qui a été retardé d'un jour pour permettre à plus de monde d'y participer.

L'ex-Première Dame, qui n'a perdu que de justesse face au sénateur de l'Illinois, entend de la sorte faire la démonstration de sa popularité et de son influence. Forte de ses dix-huit millions de voix dans le processus des primaires, elle contrôle toujours en théorie plus de 1 900 délégués à la Convention démocrate de Denver. Or, c'est celle-ci qui investira formellement le candidat du Parti, à la fin août, et d'ici là, tout reste en quelque sorte virtuel.

"J e parlerai samedi de la façon dont nous pouvons ensemble unir le Parti derrière le sénateur Obama", a indiqué Mme Clinton dans un message électronique adressé à ses partisans. "Les enjeux sont trop grands et la tâche qui nous attend trop importante pour qu'il en aille autrement."

La sénatrice de New York rappelle qu'elle a toujours dit, au cours de la campagne, qu'elle "soutiendrait fermement" Barack Obama s'il obtenait la nomination. "Je compte bien tenir cette promesse", affirme-t-elle, en répétant que ses divergences avec le sénateur de l'Illinois sont minimes en comparaison de celles qui les opposent l'un et l'autre au candidat républicain, John McCain.

Il n'empêche que les deux prétendants démocrates ont plus d'une fois échangé des critiques acerbes lors des primaires, bien qu'ils aient eu aussi des moments de complicité étonnante, notamment lors des débats télévisés. Tourner la page demandera donc des efforts de part et d'autre. Or, à cinq mois du scrutin présidentiel, le temps est compté.

Hillary Clinton, dans cette partie feutrée de bras de fer, est en position de force puisque, avant même de songer à grignoter l'électorat de M. McCain, Barack Obama doit impérativement réunir sur son nom tous les Démocrates, ce qui est loin d'être gagné sans un soutien inconditionnel de sa rivale. Il doit même se gagner les faveurs de Bill Clinton, en dépit des commentaires plus d'une fois désobligeants que celui-ci a pu faire sur lui.

"Un troisième mandat Bush"

A cet égard, les candidats démocrate et républicain sont dans une situation pareillement inconfortable à l'égard des anciens Présidents. Barack Obama se plaît à railler John McCain en assurant que voter pour ce dernier reviendrait à servir un "troisième mandat Bush" à la nation - ce que l'intéressé dément catégoriquement en épinglant ses nombreuses différences avec l'actuel locataire de la Maison-Blanche, au risque de vexer une partie des électeurs républicains. Mais le sénateur de l'Illinois sait qu'il n'a lui-même pas intérêt à se montrer trop proche de Bill Clinton, à l'heure où beaucoup s'interrogent sur sa part de responsabilité dans l'échec de la candidature de son épouse.

Cette évidence rend encore plus délicate pour M. Obama la sélection de son candidat à la vice-présidence. A maints égards, Mme Clinton n'est pas le bon choix : non seulement parce qu'elle risque d'être une colistière, puis éventuellement une vice-présidente envahissante, mais parce qu'il n'est pas sûr qu'elle puisse vraiment aider le sénateur a élargir son électorat en dehors des rangs démocrates. Et cependant, elle paraît aujourd'hui incontournable.

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