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Union européenne
La Slovénie a passé l'examen avec brio
Olivier le Bussy
Mis en ligne le 30/06/2008
Bien que le rejet irlandais du traité de Lisbonne jette une ombre sur le bilan de ses six mois de présidence du Conseil de l'Union européenne, la Slovénie peut céder le relais à la France avec le sentiment du devoir accompli. Et si la manière dont elle a géré, début juin, la vraie fausse alerte nucléaire de sa centrale de Krsko fait tache, elle reçoit néanmoins les félicitations du jury européen dans l'ensemble de matières.
La présidence slovène ne suscitait pourtant pas d'attentes démesurées, lorsqu'elle a débuté, en janvier, en raison du poids plume politique et de l'inexpérience de la petite république dans la conduite des affaires de l'UE - elle était le premier Etat membre issu de l'élargissement de 2004 à se frotter à l'exercice.
"Ils ont démarré très lentement" , rappelle un diplomate européen. "Mais le sprint final a été remarquable et ils ont réussi à décrocher des accords dans plusieurs dossiers lourds, impliquant le Conseil et le Parlement européen. " Des avancées ont ainsi été enregistrées dans le domaine de l'environnement (inclusion le secteur de l'aviation dans le système d'échange des permis de polluer, directive sur la qualité de l'eau...); de l'énergie (accord sur la libéralisation du marché de l'électricité et du gaz); de l'immigration (directive retour); sur le plan social (accord sur les directives temps de travail et intérim), etc. "Certains accords sont rendus possible par le travail effectué en amont ou par l'urgence politique, mais le bilan slovène mérite un coup de chapeau" poursuit la même source.
Priorité aux Balkans
Ancienne composante de l'ex-Yougoslavie, la Slovénie avait annoncé sa volonté d'accorder une attention accrue au processus d'élargissement de l'UE aux pays des Balkans occidentaux. Les résultats engrangés ne sont pas négligeables. Le contexte politique tendu - indépendance du Kosovo, poussées nationalistes avant les élections législatives - imposait à l'Europe d'offrir à la Serbie une réelle perspective d'adhésion plutôt que de la laisser basculer dans l'orbite de Moscou. Après des années de pourparlers, Belgrade a enfin signé un accord de stabilisation et d'association (Asa), prélude à l'adhésion - la Belgique et les Pays-Bas ont toutefois obtenu qu'il n'entre en vigueur que lorsque la Serbie coopérera pleinement avec le Tribunal pénal international. Et à la mi-juin, c'est la Bosnie qui a signé un Asa lui aussi longtemps attendu.
Autre plume à mettre au chapeau de Ljubljana : bien que divisés sur le sujet, les Vingt-sept sont parvenus à s'entendre sur l'envoi d'une mission civile au Kosovo pour accompagner les premiers pas du nouvel Etat. "Ils se sont très bien sortis de ces problèmes", commente un autre diplomate. Qui met également au crédit slovène la tenue du récent sommet l'UE et la Russie : "Le Premier ministre Jansa a payé de sa personne pour convaincre la Lituanie d'abandonner son veto à la réouverture des négociations pour un nouvel accord de partenariat". "En revanche" poursuit cet habitué des négociations, "ils étaient hors du coup pour le sommet UE-Amérique latine. Leur manque de relais et d'expérience les a obligés à passer la main. Ce qui indique la nécessité d'avoir un président permanent de l'Union".
Le traité de Lisbonne étant en cale sèche, ce n'est pas pour tout de suite. Avant le non irlandais, la Slovénie a cependant fait progresser les travaux sur la mise en oeuvre du texte. Et Janez Jansa a conduit le sommet européen de juin de manière à ce que les Vingt-sept réaffirment leur soutien au traité. Sans s'en laisser compter par un Sarkozy désireux de prendre les rênes avec un peu d'avance.
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