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Un indéniable succès diplomatique pour Nicolas Sarkozy
BERNARD DELATTRE
Mis en ligne le 03/07/2008
Dès le soir de son élection à l'Elysée, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy avait déclaré que les deux premières priorités de sa diplomatie seraient la libération des infirmières bulgares emprisonnées en Libye ainsi que celle d'Ingrid Betancourt. Depuis mercredi soir, ses deux promesses emblématiques sont remplies.
C'est un incontestable succès pour l'hôte de l'Elysée. Qui n'a jamais ménagé ses efforts dans ce dossier. Il a successivement adressé des messages solennels à la direction des Farc, prôné sans relâche la conclusion d'un accord humanitaire, multiplié les contacts avec ses homologues sud-américains, poussé à bout de bras la médiation du Vénézuélien Hugo Chavez et proposé de se rendre personnellement sur place si sa présence pouvait être utile.
Plus récemment encore, Nicolas Sarkozy avait envoyé son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, en Colombie et intercédé auprès de George Bush pour que la diplomatie américaine s'active elle aussi sur ce dossier. Paris, avait-on également appris récemment, venait aussi de nouer de discrets contacs avec la nouvelle direction des Farc.
"S'il n'y avait pas eu la mobilisation de Nicolas Sarkozy, il n'y aurait pas eu ce résultat", a reconnu mercredi soir Fabrice Delloye, l'ex-époux d'Ingrid Betancourt, qui a remercié le chef de l'Etat "pour toute l'aide qu'il a apportée". "Depuis qu'il a pris les choses en mains, tout s'est enclenché", a renchéri Mélanie Betancourt.
"Absurde et moyenâgeux"
Même l'opposition socialiste et centriste a salué le "bon travail" et "l'opiniâtreté" du chef de l'Etat et de son ministre des Affaires étrangères.
Depuis l'Elysée, aux côtés de la famille Betancourt, Nicolas Sarkozy s'est réjoui que "s'achève ce calvaire de six longues années". Il a appelé les Farc à arrêter leur "combat absurde et moyenâgeux". A rappelé que la France était disposée à accueillir sur son territoires les guérilleros repentis. Et a promis qu'elle serait "toujours prête à se mobiliser pour quelqu'un qui est injustement retenu".
Le chef de l'Etat est apparu radieux. Pour lui qui est aux tréfonds de l'impopularité, aux prises avec une économie mollassonne et à la tête d'un pays dont le moral est historiquement au plus bas, la bonne nouvelle survenue mercredi soir ne pouvait pas mieux tomber.
L'opposition l'a toutefois appelé à se garder de toute "récupération" politique de cette libération.
© La Libre Belgique 2008
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