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Serbie

Karadzic se prépare à son procès

Ch. Ly.

Mis en ligne le 24/07/2008

L'ex-chef des Serbes de Bosnie se défendra seul à son procès - comme Milosevic. Il a fait raser sa barbe et couper ses cheveux mercredi, retrouvant le look d'antan.

Radovan Karadzic ne sera pas resté longtemps sous l'apparence d'un gourou de la médecine alternative dont les vidéos ont fait en un clin d'oeil le tour du monde. Il a obtenu mercredi en prison, à la Cour spéciale pour les crimes de guerre de Belgrade où il est détenu, la visite d'un coiffeur qui lui a rasé la barbe et coupé les cheveux.

"Il a une très bonne allure, il s'est coupé les cheveux, rasé la barbe et est en excellente forme", a annoncé hier son avocat Me Svetozar Vujacic. "Il a retrouvé son aspect d'avant, d'il y a treize ans. Il est très combatif, il a hâte d'entamer sa lutte et espère que la vérité et la justic e prévau dront".

Les médias serbes et internationaux n'en revenaient toujours pas de la façon dont Karadzic a réussi à duper de nombreux voisins, propriétaires de logements et rédacteurs du magazine serbe "Vie saine" pour qui le fugitif se présentait sous le faux nom de Dragan "David" Dabic. "I l avait coutume de dire, quand il était présenté : mon nom est Dr Dabic, appelez-moi David", a expliqué aux journalistes l'une des rédactrices Maja Djelic, 28 ans. "David" était la personne à contacter sur le site Internet qu'il gérait.

Des questions

Peu d'informations ont filtré sur les conditions dans lesquelles il a réussi à échapper à la vigilance des policiers pendant sa cavale de treize ans, ni sur la durée de son séjour à Belgrade. Les autorités serbes n'ont pas été plus loquaces sur le moment où Karadzic a été localisé dans le quartier du Nouveau Belgrade, ni sur le fait que son arrestation a été annoncée juste avant une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.

En tout cas, selon l'AFP, Karadzic a contacté le rédacteur en chef de "Vie saine" en octobre 2007, se présentant comme un expert en médecine énergétique et médecine quantique, désirant publier des articles dans le mensuel. Ils ont choisi ensemble le sujet : "Les similarités et les différences entre la méditation et la prière silencieuse". Les trois premières parties de cet article ont été publiées de mai à juillet et une quatrième devait être publiée en août.

Désormais en prison, Karadzic a fait savoir mercredi qu'il allait se défendre lui-même devant les juges du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye. L'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic et le leader populiste serbe Vojislav Seselj avaient adopté la même tactique, qui tire les procès en longueur et donne l'occasion à l'accusé de se draper dans l'habit d'un procureur quand il interroge les témoins. Le procès Milosevic s'était étiré pendant plus de 4 ans avant le décès inopiné de l'ancien président, dans sa cellule, en mars 2006.

L'avocat de Karadzic a aussi annoncé qu'il allait déposer ce vendredi un recours contre le transfèrement de son client à La Haye. La justice serbe aura alors trois jours pour se prononcer sur l'appel, c'est-à-dire pas avant la semaine prochaine,

Radovan Karadzic est marié et a deux enfants, une fille Sonja et un fils Sasa. Son épouse, Ljiljana, qui vit à Pale en Bosnie, avait demandé en 2005 à Karadzic de se rendre. Privée de passeports en raison des sanctions internationales qui pèsent sur le réseau de soutien au fugitif, la famille a demandé au Haut représentant international en Bosnie, Miroslav Lajcak, d'intervenir et de l'aider à rendre visite à l'inculpé.

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Ce que le TPI lui reproche

Radovan Karadzic est inculpé par le TPI de génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre pour son rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995). Il risque la prison à vie s'il est reconnu coupable des onze charges qui pèsent contre lui, notamment génocide, persécutions, exterminations, meurtres, déportations, actes inhumains ou encore prises d'otages.

Selon l'acte d'accusation, il est l'un des principaux artisans d'un plan de "nettoyage ethnique" en Bosnie. Pour arriver à cet objectif, "les dirigeants serbes de Bosnie, parmi lesquels Radovan Karadzic, ont mis en oeuvre un plan d'action se traduisant par des persécutions et des tactiques de terreur, l'expulsion des personnes peu disposées à partir et l'élimination des autres", précise le document. (AFP)

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