La Libre.be > Actu > International > Article
Etats-Unis - présidentielle
McCain rentre dans le rang
Stéphanie Fontenoy
Mis en ligne le 04/09/2008
Le Parti républicain a-t-il fait la paix avec John McCain le "maverick", le rebelle, qui sera investi officiellement ce jeudi soir comme son candidat à la présidence des Etats-Unis ? Ou les Républicains s'étranglent-ils encore à l'idée de s'en remettre à McNasty, "le teigneux", qui avait qualifié "d'agents de l'intolérance" deux leaders évangéliques pendant sa campagne de 2000, s'était opposé aux baisses d'impôts de George W. Bush, avait réformé la loi de financement électoral, et soutenait le dernier grand projet de loi sur l'immigration, qualifié "d'amnistie" par ses détracteurs ?
Le McCain qui se présente ce soir devant les 2400 délégués à la Convention républicaine dans les villes jumelles de Minneapolis et St Paul est un miraculé. L'été dernier, les caisses de sa campagne étaient vides. Mais le héros du Vietnam ne lâche pas prise. Il s'impose comme le choix par défaut d'un Parti partagé entre les conservateurs sur les questions sociales qui lui préféraient le pasteur baptiste Mike Huckabee et les conservateurs en matière d'économie qui soutenaient l'homme d'affaires et ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney.
Au final, l'ancien pilote doit largement sa victoire au vote des indépendants, des modérés et des Latinos. "John McCain a réussi ce qu'aucun prétendant républicain à la Maison-Blanche n'avait été capable de faire depuis plus d'un demi-siècle : arracher la nomination sans obtenir le soutien de la base du Parti", note la revue politique américaine "National Journal".
A St Paul, l'heure de la réconciliation a bel et bien sonné. "Les délégués, leurs familles et leurs amis sont unis derrière John McCain avec pour but commun de battre Barack Obama cet automne", déclare Timothy Stultz, un délégué de Géorgie, ancien supporter de Mike Huckabee. "Quelles que soient ses décisions, le Parti est derrière lui", déclare ce délégué aux idées conservatrices, qui n'ont pas toujours été la panacée de John McCain.
Le sénateur tête brûlée de l'Arizona serait-il rentré dans le rang en devenant candidat ? Sur les grands dossiers politiques, McCain l'inclassable s'est recentré vers la droite, se rapprochant de la base du Parti, une coalition de faucons de la sécurité nationale, de partisans des baisses d'impôts et de conservateurs chrétiens. Sur l'immigration, il affiche une fermeté intraitable pour protéger les frontières du pays et venir à bout de l'immigration clandestine. En économie, il a promis de poursuivre la politique de baisses d'impôt pour les riches de l'administration Bush. Favorable à la réduction des émissions de gaz à effet de serre quand il était au Sénat, il parle surtout aujourd'hui d'autoriser de nouveaux forages pétroliers au large des côtes américaines.
Pacte avec les évangéliques
Républicain modéré sur les questions sociales, il a choisi comme colistière Sarah Palin, une ultra-conservatrice, qui lui permet de sceller le pacte avec la droite évangélique. Sur la guerre en Irak, il a été un des grands partisans du renfort de troupes et remporte aujourd'hui les lauriers pour le calme relatif qui prévaut à Bagdad.
Les Républicains modérés applaudissent aussi : "John McCain est, de tous les candidats des Primaires, celui avec qui je me sens le plus à l'aise. Il y a de nombreuses catégories dans notre Parti, des plus libéraux aux plus conservateurs. Nous ne sommes pas tous issus de la droite chrétienne" explique Don Dwight, qui se décrit comme un modéré, venu accompagner à St Paul sa femme, une déléguée du New Hampshire.
Si John McCain n'a pas été formé dans le moule républicain traditionnel, son expérience de 21 ans au Sénat, et son statut de héros militaire, ont fait de lui le choix le plus sûr. "Certains d'entre nous ne sont pas toujours d'accord avec lui, mais nous avons tous un respect total pour ce qu'il est", affirme Greg Wooldridge, ancien pilote, aujourd'hui délégué de l'Oregon. Reste à savoir si son recentrage à droite lui coûtera le soutien des indépendants qui l'ont accompagné jusqu'ici.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...