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France

Le gouvernement lâche du lest sur Edvige

Mis en ligne le 10/09/2008

Michèle Alliot-Marie est prête à des concessions sur le fichage des mineurs. Mais la fronde ne faiblit pas.

Face à la fronde des adversaires du fichier policier Edvige (pour "exploitation documentaire et valorisation de l'information générale" - LLB 9/9/08), le président Nicolas Sarkozy a tenté de jouer la carte de l'apaisement mardi.

Alors que les opposants appellent à des rassemblements le 16 octobre, le chef de l'Etat a demandé mardi soir à la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie "d'ouvrir rapidement une concertation" sur le fichier de renseignement afin de "protéger les libertés", tout en rappelant la priorité donnée à la lutte contre la délinquance. Plus tôt dans la journée, Michèle Alliot-Marie, avait déjà proposé un "droit à l'oubli" consistant à effacer du fichier, peut-être à leur majorité, les mineurs qui n'ont commis aucune infraction. Edvige permet en effet de recenser les mineurs dès leur âge de responsabilité pénale (13 ans) et centralise des données informatiques.

L'opposition à Edvige ne désarme pas pour autant. Le fichier de renseignement inquiète et/ou indigne l'opposition, gauche et Modem, des syndicats, du Medef et des organisations de défense des droits de l'homme. Au sein de la majorité, et même du gouvernement, Edvige suscite le malaise. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, s'est fait tancer lundi par le Premier ministre François Fillon pour avoir exprimé les réserves que lui inspire le fichier. Mardi, c'est la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, qui a plaidé pour que le Conseil d'Etat apporte certaines précisions et des clarifications, entre autres sur la question des orientations sexuelles

Douze organisations du collectif "Non à Edvige" continuent à réclamer le retrait du fichier. Une pétition en ligne avait recueilli mardi matin 130 000 signatures pour l'abandon d'Edvige. Des recours en annulation d'Edvige et Cristina - un autre fichier secret-défense - ont été déposés devant le Conseil d'Etat, qui doit rendre sa décision à la fin de l'année.

Une journée d'actions est prévue le 16 octobre, pour la Sainte-Edwige. Les citoyens sont invités à envoyer au ministère de l'Intérieur une parodie de fiche de renseignements ("Avez-vous déjà été en contact avec un autre être humain ?", "Régalez le lecteur, détaillez vos pratiques sexuelles", etc), non sans avoir préalablement léché le coin gauche du document pour y déposer leur ADN. (AFP)

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