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États-Unis - LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Sarah Palin ne doute presque de rien

Philippe Paquet

Mis en ligne le 13/09/2008

Première grande interview pour la candidate qui s'est montrée pleine d'assurance. Ses lacunes en politique internationale, prévisibles, sont néanmoins troublantes.

Dans la première interview donnée à un grand média américain depuis sa désignation, il y a deux semaines, comme candidate du Parti républicain à la vice-présidence des Etats-Unis, Sarah Palin a fait la démonstration qu'elle n'avait peur de rien. Ni de devenir la Présidente si John McCain devait quitter prématurément la Maison-Blanche ("Je suis prête", a-t-elle déclaré), ni de déclarer la guerre à la Russie si un pays membre de l'Otan était agressé, ni de frapper les terroristes partout, y compris au Pakistan sans en demander l'autorisation au gouvernement pakistanais.

A peu près inconnue il y a quinze jours encore, Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, a pris un risque calculé en accordant, à Fairbanks, sa première interview de campagne présidentielle à un journaliste réputé plutôt aimable, Charles Gibson, de la chaîne ABC qui a diffusé l'entretien dans deux de ses émissions, jeudi soir. Aimable, mais pas complaisant, comme a pu s'en rendre compte la candidate, plus d'une fois mise sur le grill et plus d'une fois mal à l'aise face à celui qu'elle n'a cessé d'appeler Charlie.

Avant d'effectuer une visite éclair au Moyen-Orient et en Allemagne en 2007, Mme Palin n'avait jamais visité que les pays voisins des Etats-Unis : le Canada et le Mexique. C'est dire si son expérience des affaires internationales est limitée et, si elle avait visiblement bien appris sa leçon, la candidate n'a pas pu dissiper l'impression qu'elle débitait des réponses sagement apprises, au point de répéter souvent les mêmes phrases.

La doctrine Bush

Le moment le plus critique - à tous les sens du terme - de l'interview coïncida avec l'insistance mise par le journaliste à savoir si Mme Palin cautionnait la "doctrine Bush". Visiblement, la candidate découvrait l'expression, mais plutôt que d'avouer son ignorance, elle posa habilement plusieurs questions pour tenter de deviner de quoi "Charlie" pouvait bien parler. Perfide, ce dernier ne fit longtemps que tourner autour du pot, affinant le sens de sa question sans en préciser le contenu ! Les minutes furent longues avant que Sarah Palin soit enfin mise au parfum des frappes préventives.

Cet embarras mis à part, la colistière de John McCain n'a, de l'avis des principaux commentateurs américains, pas commis de véritable gaffe. Elle a même réussi à prononcer correctement le nom du président géorgien (Mikhéil Saakachvili), relève "The New York Times", un exploit dont George W. Bush, il faut en convenir, n'aurait sans doute pas été capable.

Mission divine en Irak

Si la candidate républicaine a, sur la forme, donné entière satisfaction, elle n'a, par contre, pas vraiment rassuré sur le fond. Elle a peiné à se justifier après avoir déclaré que les militaires américains en Irak, dont son fils aîné fera bientôt partie, remplissaient une mission confiée par Dieu. Et elle n'a guère été plus claire sur les façons de restaurer la souveraineté géorgienne sur les régions séparatistes ou d'amener l'Iran à renoncer à son programme nucléaire.

A sa décharge, il faut admettre que peu d'hommes ou de femmes politiques, aux Etats-Unis et ailleurs, ont des réponses à ces questions.

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