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Israël

Tzipi Livni sur les traces de Golda Méir

Renée-Anne Gutter

Mis en ligne le 18/09/2008

La ministre des Affaires étrangères remporte les élections primaires pour la direction du parti Kadima. Former un gouvernement pour remplacer celui d'Ehoud Olmert ne sera pas aisé. Et les processus de paix seront mis au frigo.
Correspondante à Jérusalem Conformément à tous les pronostics, c'est Tzipi Livni qui a remporté les primaires du parti Kadima mercredi. Du moins, selon les premières fourchettes dans la soirée : autour des 48 pc contre 37 pc pour son rival, le faucon et ex-général Shaoul Mofaz. Comme la fermeture des bureaux de vote a été repoussée in extremis à 22 h 30 (21 h 30 belges), le résultat final était attendu plus tard dans la nuit.

Si sa victoire se confirme, cette avocate issue de la bourgeoisie "bcbg" tel-avivienne devient la seconde femme après Golda Méir à diriger une des forces politiques majeures en Israël. Et si elle parvient à former un nouveau gouvernement, elle deviendra aussi la seconde femme après Golda Méir à prendre les commandes du pays.

Son succès n'enlèvera cependant rien à l'incertitude sur l'avenir politique du pays. Et il n'est pas exclu que les bouleversements causés par la déstabilisation politique d'Ehoud Olmert finissent par ramener la droite nationaliste au pouvoir. Notamment, avec des législatives qui selon tous les sondages ramèneraient Benjamin Netanyahou et son Likoud au pouvoir. Ce qui risquera non seulement de paralyser les processus de paix entamés par le Premier ministre Olmert avec les Palestiniens et les Syriens, mais même de les torpiller définitivement.

En effet, Mme Livni aura pour première tâche de former un nouveau gouvernement dans le rapport des forces actuel, sans appeler le pays à des législatives anticipées. Mission ardue. Rien que maintenir la coalition existante sera une prouesse, vu la surenchère budgétaire dans laquelle les partenaires du parti religieux sépharade Shass se sont d'ores et déjà lancés. Et si elle tient à consolider sa majorité à l'aide de la gauche, elle risque de s'aliéner l'aile droite de son propre parti, avec Shaoul Mofaz qui rêve de former un "Likoud bis".

En cas d'échec, la Knesseth votera sa propre dissolution et les Israéliens seront appelés aux urnes endéans trois mois. En tout cas, Ehoud Olmert devra prochainement soumettre sa démission officielle de Premier ministre au président de l'Etat, Shimon Pérès. Ce qui entraînera la démission automatique de tout son gouvernement. Mais cette démission n'interviendra peut-être pas avant octobre. Car M. Pérès doit se rendre la semaine prochaine à New York pour représenter Israël à l'Assemblée générale des Nations unies. Puis ce seront immédiatement les jours fériés du Nouvel An juif. Et ce n'est qu'après tout cela que le Président pourra officiellement confier à l'élu des primaires la tâche de former un nouveau gouvernement.

Gouvernement paralysé

Rappelons que malgré sa démission de principe, M. Olmert et son gouvernement resteront en fonction à titre transitoire jusqu'à ce que le pays ait un nouveau gouvernement. Et théoriquement, même transitoire, ils garderont les pleins pouvoirs exécutifs - politiques, militaires, domestiques. Mais la Cour Suprême et le conseiller juridique du gouvernement ont déjà recommandé dans le passé qu'un gouvernement de transition ne prenne pas de décisions cruciales pour le pays. Et de toute façon, dans l'état de crise actuelle, M. Olmert aura du mal à faire accepter à la Knesseth des concessions majeures sur le front palestinien ou syrien.

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