La Libre.be > Actu > International > Article
Israël
L'ascension météorique d'une femme de caractère
Renée-Anne Gutter
Mis en ligne le 18/09/2008
Portrait
Correspondante à JérusalemEn 1999, lorsqu'elle entra à la Knesseth comme députée du Likoud, Tzipi Livni passait encore inaperçue. Depuis lors, son ascension a été météorique.
Née à Tel-Aviv en 1958 d'une famille fondatrice de la droite sioniste, juriste de formation, elle sert de 1980 à 1984 dans le Mossad (l'espionnage israélien) à Paris, où elle se serait distinguée par ses capacités d'analyse. Selon certains, elle y aurait servi dans l'unité d'assassinats de terroristes arabes à travers l'Europe.
Revenue en Israël, elle dirige un bureau d'avocats spécialisé en commerce et droit public, puis l'Autorité des Compagnies gouvernementales qui privatise les corporations et monopoles gouvernementaux. Elle se lance dans la politique sur le tard, avec Ariel Sharon pour mentor. Arrivé au pouvoir en 2001, ce dernier lui permet de se faire la main en lui confiant des ministères variés - Coopération régionale, Agriculture, Logement, Absorption des immigrants, Justice. Fin 2005, elle participe à la création du parti Kadima.
En 2006, avec la formation du gouvernement d'Ehoud Olmert, elle devient vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères - première femme après Golda Méir à diriger la diplomatie israélienne. Comme MM. Sharon et Olmert, Mme Livni a viré de la droite nationaliste vers le centre libéral et pragmatique. En 2005, c'est elle qui réussit à convaincre les ministres irréductibles du Likoud à accepter le retrait unilatéral d'Israël de Gaza. C'est elle aussi qui aide les colons évacués de Gaza à accepter un accord de compensations financières.
En 2006, elle s'est opposée - mais en vain - au déclenchement de la seconde guerre israélienne au Liban. Et durant toute la campagne militaire, elle a oeuvré pour un règlement diplomatique qui a finalement abouti à la résolution onusienne 1701. En 2007, à la publication des premières conclusions de la commission Winograd sur les ratés de cette guerre qui incriminaient lourdement le premier ministre Ehoud Olmert, Mme Livni a rué dans les brancards et appelé à la démission de celui-ci. Mais son appel est resté sans effet, et elle-même est rentrée dans les rangs, restant au gouvernement. Cette "rébellion" n'a pas empêché M. Olmert de lui confier les négociations de paix actuelles avec les Palestiniens. Mais depuis qu'elle s'est lancée dans la course à la succession de M. Olmert, elle a durci le ton. Elle demeure sceptique sur les chances de percée des négociations de paix que M. Olmert a entamées avec la Syrie, doutant que le président Assad ait vraiment l'intention de rompre avec des ennemis d'Israël (Iran, Hezbollah, Hamas). Elle refuse aussi de précipiter les négociations de paix avec les Palestiniens, critiquant les efforts de M. Olmert et les pressions américaines en vue d'un accord-cadre avant la fin du mandat Bush. Elle s'oppose à tout retour de réfugiés palestiniens en Israël, alors que M. Olmert n'exclurait pas d'en accueillir quelques milliers dans le cadre de réunifications familiales. Et elle demeure réticente à l'idée de négocier un partage de Jérusalem.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...