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Etats-Unis - présidentielle

"La crise impose de rassembler le plus de monde"

Stéphanie Fontenoy

Mis en ligne le 04/11/2008

Bob Casey Jr est sénateur démocrate de Pennsylvanie. Il souligne que le vote pour Barack Obama est un vote positif. Une perspective utile pour les défis qui se profilent.

Entretien

Correspondante à New York

Fils de l’ancien gouverneur de Pennsylvanie Robert Casey, le Démocrate Bob Casey Jr, 48 ans, a été élu au Sénat en 2006 en même temps que Barack Obama. Il lui a apporté un soutien de la première heure lors des primaires, face à Hillary Clinton, qui partage pourtant avec lui ses racines à Scranton, en pays de cols bleus catholiques. Entretien sur le sprint final en Pennsylvanie.

Les sondages donnent une confortable avance à Barack Obama en Pennsylvanie, un des grands "swing States". Comment l'expliquez-vous ?

Je ne crois pas que son avance soit si importante. Pour avoir participé aux quatre dernières élections générales ici, je sais à quel point il est difficile de gagner la Pennsylvanie. Je pense que les chiffres sont artificiels, et que le score de Barack Obama est un peu exagéré, du fait qu’il a été très performant dans les débats. A mon avis, l’écart entre les deux candidats n’est que de 2 ou 3 points, et pourrait basculer dans les deux sens.

Avez-vous déjà vu une course aussi disputée dans cet Etat ?

L’exemple de la Pennsylvanie est critique pour les Démocrates: Bill Cinton l’a emporté ici avec 9 points d’avance, Al Gore de 4 points et John Kerry de 2,5 points. Nous avons besoin du plus de voix possible, pas juste pour gagner, mais aussi pour diriger. Quand vous pensez ce à quoi le prochain président va devoir face face, un déficit record, 47millions d’Américains sans assurance santé, deux guerres, un pays plus divisé que jamais, et que vous y ajoutez une crise financière majeure, vous ne pouvez pas simplement gagner d’un cheveu et crier victoire. Vous devez rassembler le plus de monde possible derrière vous pour diriger. Face à la montagne de problèmes qui attend le futur président, quel qu’il soit, les prochains six mois vont être très durs.

Est-ce que les supporters d'Hillary Clinton ont été convertis ?

Je pense qu’une majorité de sa base a fait la transition. Mais son aide est précieuse au-delà de ceux-ci. Elle séduit aussi les indépendants, les Républicains modérés et certains électeurs plus âgés.

Vos fidèles sont ce qu'on appelle les "Casey Democrats", des catholiques opposés à l'avortement... Où se situent-ils dans cette élection ?

La définition des "Casey Democrats" est plus large que cela. Mais pour les partisans du droit à la vie qui voteraient uniquement en fonction de cette problématique, il est difficile de remporter leur soutien. Je pense que ces électeurs qui privilégient le droit à la vie savent que nos valeurs vont au-delà. Une présidence de Barack Obama fera plus pour aider les femmes enceintes et les enfants qu’une administration McCain, qui a voté contre l’expansion de Medicaid par exemple (l’assurance santé pour les pauvres aux Etats-Unis, NdlR.).

Quel est le facteur déterminant de cette élection ?

Je pense que l’économie, ou je devrais dire la crise financière, a forcé les électeurs à s’intéresser davantage à la politique. Or, Barack Obama et John McCain ont montré des attitudes et des approches complètement différentes. Je pense que dans ce moment de crise, en plein milieu de la campagne électorale, les qualités de dirigeant de Barack Obama sont ressorties d’autant plus. C’est pour cela que tous les indicateurs de confiance et de compétence penchent en sa faveur.

La couleur de peau du candidat est un autre facteur ?

Je pense que pour certains électeurs, le racisme sera un frein. Mais la crise financière et la façon dont Barack Obama y a répondu a permis de réduire ce fossé racial. Notre tâche est de parler jusqu’au bout aux personnes qui utilisent le racisme comme une barrière.

La nouveauté de cette campagne ?

Ce qui est unique ici, c’est que le message est positif et non pas négatif. Il y avait beaucoup d’animosité en 2000 et en 2004. Le vote était largement anti-Bush ou anti-guerre. Or, cette année, le vote des jeunes est affirmatif. Ils disent je vote pour Barack Obama car je crois en lui.

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