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France

Nicolas Sarkozy voit le dalaï lama malgré les menaces chinoises

AP

Mis en ligne le 05/12/2008

Nicolas Sarkozy, qui a pourtant laissé passer plusieurs occasion de rencontrer le dirigeant tibétain en exil, et qui s'est rendu à trois reprises en Chine depuis son élection, a fâché Pékin avec l'annonce de cette rencontre à la mi-novembre.

Malgré les mises en garde répétées de Pékin, le président français Nicolas Sarkozy rencontrera le dalaï lama en tête-à-tête, samedi à Gdansk, en marge des cérémonies marquant le 25e anniversaire de l'attribution du prix Nobel de la paix à Lech Walesa.

Nicolas Sarkozy, qui a pourtant laissé passer plusieurs occasion de rencontrer le dirigeant tibétain en exil, et qui s'est rendu à trois reprises en Chine depuis son élection, a fâché Pékin avec l'annonce de cette rencontre à la mi-novembre.

Dans la foulée, la Chine avait annulé le sommet Union européenne-Chine prévu lundi dernier à Lyon et une rencontre entre le Premier ministre Wen Jiabao et Nicolas Sarkozy à l'Elysée qui devait avoir lieu le lendemain. Depuis, les autorités chinoises suggèrent qu'elles pourraient déclencher une nouvelle opération de boycott des produits français. "Quand les Chinois s'expriment, nous faisons attention", assure Paris, "mais nous n'avons en aucun cas constaté le début d'un boycott de quelque produit que ce soit". A l'Elysée, on minimise le risque en insistant sur la forte interdépendance des deux économies européenne et chinoise. "On se tient par la barbichette", résume un diplomate.

Selon la réponse officielle française, "Nicolas Sarkozy est libre de son agenda" et la réaction de Pékin est d'autant plus "inhabituelle" qu'il avait prévenu les autorités chinoises avant l'été qu'il rencontrerait le dalaï lama.

Reste que la France est particulièrement montrée du doigt par la Chine, alors même que le président américain George W. Bush et la chancelière allemande Angela Merkel ont tous deux rencontré le chef spirituel du bouddhisme tibétain.

En tournée en Europe depuis une semaine, ce dernier a aussi été reçu par le Premiers ministres tchèque Mirek Topolanek et belge Yves Leterme, ainsi que par le Parlement européen à Bruxelles. "Les Chinois sans doute à tort estiment que nous avons la capacité de maintenir la discipline dans la famille européenne", traduit un diplomate français, qui voit dans la réaction chinoise "une overdose" liée à cette visite et à l'attribution au dissident Hu Jia du Prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de l'esprit en octobre. Mais même en charge de la présidence tournante de l'Union européenne, "nous ne sommes pas les maîtres d'école de la classe européenne", explique l'Elysée.

Pour autant, Nicolas Sarkozy a choisi de ne pas donner trop d'importance à cette rencontre avec le dalaï lama: le tête-à-tête d'une demi heure se tiendra à l'étranger et le président français a prévu de grimper dans son avion dès la fin de la rencontre, sans prendre le temps d'en rendre compte devant les journalistes.

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