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États-Unis
Guantanamo sera fermé dans un an
Philippe Grangereau
Mis en ligne le 23/01/2009
Un an. C’est le temps que s’est donné le président Barack Hussein Obama, dans un décret promulgué jeudi, pour fermer le sordide bagne de la "guerre contre la terreur". "Ce que je fais ici, ce n’est pas seulement tenir l’engagement que j’ai pris pendant la campagne électorale, c’est, je crois, une conception qui remonte aux pères fondateurs (des Etats-Unis) selon laquelle nous entendons respecter les normes fondamentales de comportement, pas seulement quand cela est facile, mais aussi quand c’est dur", a-t-il déclaré lors de la cérémonie de signature en présence de militaires à la retraite dans le Bureau ovale.
Méthodes de dictature
Le camp de détention de Guantanamo Bay est le symbole des pires travers de la précédente administration. Qu’il s’agisse de la violation des Conventions de Genève, de l’emploi de la torture, de la détention sans jugement de prisonniers à Cuba et dans des "sites secrets" de la CIA, des kidnappings de suspects à travers le monde et de la pratique infâme consistant à "rendre" des prisonniers aux tortionnaires de leur pays d’origine pour les faire parler. Des méthodes de dictature que le nouveau président juge "incompatibles avec les vraies valeurs américaines".
Barack Obama, qui a promis dans son discours d’inauguration que les Etats-Unis approcheront le monde musulman "dans un esprit de respect mutuel", a aussi signé deux autres décrets, l’un stipulant que les Etats-Unis se conformeront dans le traitement des prisonniers aux Conventions de Genève, l’autre ordonnant à la CIA de fermer immédiatement toutes ses prisons secrètes tout en lui interdisant d’en rouvrir d’autres à l’avenir.
Prisons secrètes
George W. Bush avait annoncé en septembre 2006 que toutes les prisons secrètes de l’agence de renseignement avaient été vidées. L’une d’elle se trouvait en Pologne, et une autre en Afghanistan. Mais Bush avait réaffirmé que celles-ci continueraient à servir, ce qui est le cas. Autre aveu : l’un des décrets demande également à son administration de passer en revue la pratique consistant à renvoyer des détenus dans leur pays d’origine "afin de s’assurer qu’ils ne risquent pas d’être soumis à la torture ou à des traitements cruels". Une décision qui suggère que ces méthodes de l’ère Bush étaient toujours bel et bien en vigueur.
© Libération
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