Abonnez-vous a La Libre Belgique

Proche-Orient - la crise de gaza

La colonisation s’est accélérée en 2008

Renée-Anne Gutter

Mis en ligne le 29/01/2009

"Paix maintenant" l’assure : "Un gouvernement Likoud n’aurait pas fait mieux" en Cisjordanie. Or la stopper était un engagement pris avec l’administration Bush. De quoi tendre les relations avec l’équipe Obama.

Correspondante à Jérusalem L’administration Obama a concrètement ouvert le dialogue avec Israël, mercredi. Un dialogue courtois qui sera toutefois semé d’embûches dans les mois à venir. L’émissaire George Mitchell est arrivé à Jérusalem, où il a vu le Premier ministre Ehoud Olmert, les ministres de la Défense Ehoud Barak et des Affaires étrangères Tzipi Livni, et verra ce jeudi les chefs de l’armée, du Shin Beth et du Mossad. Il a aussi rendez-vous à Ramallah avec le président palestinien Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayad.

Dans l’immédiat, la nouvelle administration à Washington se donne pour mission de consolider le cessez-le-feu à Gaza. Alors que la tension militaire persistait dans le sud d’Israël (lire ci-dessous), de premières dissensions se sont profilées à Jérusalem. Pour M. Mitchell, pas de cessez-le-feu durable sans levée du blocus économique israélien contre Gaza. Pour M. Olmert, pas de levée définitive ni totale du blocus sans solution pour le retour de l’otage Chalit. Mais c’est après les législatives israéliennes du 10 février, lorsque l’administration Obama s’attellera à un règlement global israélo-palestinien, que surgiront les frictions profondes. Non seulement parce que les sondages prédisent l’arrivée au pouvoir en Israël de la droite nationaliste et colonisatrice. Mais parce le gouvernement sortant, Kadima-travailliste, a lui-même fait suffisamment œuvre colonisatrice pour irriter M. Obama.

Les Etats-Unis compteraient notamment relancer la "feuille de route" qui est basée sur un rapport établi précisément par George Mitchell en 2001. Rapport qui recommande le gel de toute activité d’implantation juive dans les territoires palestiniens, y compris la "croissance naturelle" des colonies existantes. Même l’administration Bush a exigé l’arrêt des constructions juives en Cisjordanie (les colonies de Gaza ayant été évacuées en 2005). Exigence encore accrue en 2008, avec le processus de paix renouvelé à Annapolis.

Or le mouvement israélien "Paix maintenant" a publié mercredi un rapport révélant au contraire une expansion accélérée des colonies en 2008. Expansion des 121 colonies "officielles" (hormis Jérusalem-Est), mais aussi des dizaines de colonies "sauvages" que le triumvirat Olmert-Barak-Livni s’était fermement engagé à démanteler. Dans les colonies "officielles", la construction a augmenté de 60 pc comparé à celle de 2007. Dans les colonies "sauvages", elle a presque triplé par rapport à 2007. Au total, quelque 285 800 colons vivent aujourd’hui en Cisjordanie. Et cela, grâce à une politique délibérée de promotion de la part du gouvernement Kadima-travailliste, explique "Paix Maintenant" : "Un gouvernement Likoud ne ferait pas mieux !"

Infrastructures illégales

A cela s’ajoute un document incriminant pour tous les gouvernements passés d’Israël. Le quotidien "Ha’aretz" en a publié un résumé mercredi, et le publiera largement ce vendredi. Il s’agit d’une banque de données du ministère israélien de la Défense, que le ministre Barak gardait secrète. Selon ces données, dans trois quarts des colonies "officielles", y compris les plus anciennes des années 70 et 80, les colons ont construit nombre de routes et bâtiments (maisons privées, écoles, synagogues, etc.) sans permis des autorités de planification israéliennes. Et souvent sur des terres palestiniennes privées, alors qu’Israël a toujours affirmé y allouer des domaines d’Etat. Ces illégalités ont été régulièrement épinglées par les Palestiniens, mais donc systématiquement ignorées par l’Etat d’Israël - preuves ministérielles à l’appui, cette fois.

Savoir Plus

Olmert prêt à évacuer 60.000 colons de Cisjordanie

Le Premier ministre israélien démissionnaire Ehud Olmert est favorable à l'évacuation de 60.000 colons installés en Cisjordanie dans le cadre d'un plan de paix avec les Palestiniens, a indiqué jeudi un quotidien israélien.

M. Olmert a présenté les grandes lignes de ce plan à moins de deux semaines des élections législatives lors d'un entretien mercredi à Jérusalem avec l'émissaire américain George Mitchell en tournée au Proche-Orient, selon le journal. M. Olmert préconise une annexion des grands blocs de colonies où vivent la grande majorité des colons. En échange, il propose de transférer au futur Etat palestinien des territoires situés dans le sud d'Israël d'une superficie égale aux secteurs qui seraient annexés. Il est par ailleurs favorable à un partage de Jérusalem: les quartiers arabes du secteur oriental annexé par Israël passeraient sous contrôle palestinien et les quartiers juifs resteraient sous souveraineté israélienne. Les lieux saints juifs, chrétiens et musulmans passeraient sous l'administration d'une autorité internationale.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page