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élections en Israël
Benjamin Netanyahou en embuscade
Renée-Anne Gutter
Mis en ligne le 11/02/2009
Au pouvoir ou dans l’opposition, Benjamin Netanyahou se voudra toujours le champion du nationalisme sécuritaire. Il est né en 1949 d’une famille hiérosolymitaine, militante du sionisme activiste de droite qui allait donner naissance au Likoud. Son frère Yoni est un héros national. Il a été tué en 1976 en commandant l’opération qui allait libérer les otages d’un Airbus détourné à Entebbe. "Bibi" a lui-même servi dans une unité d’élite, avec laquelle il a notamment participé en 1972 à la libération d’un avion de la Sabena détourné sur l’aéroport de Lod. L’opération était dirigée par Ehoud Barak.
Accord signé, pas appliqué
Contrairement à ce dernier, M. Netanyahou ne poursuivra pas de carrière militaire, mais il se construira une réputation d’expert du terrorisme moyen - oriental. Diplômé en gestion d’entreprises, il se lance dans les affaires aux Etats-Unis. Avocat d’Israël éloquent et télégénique, il y conquiert les médias et les grandes fortunes juives. Dans les années 80, il fait ses premières armes politiques comme émissaire à l’Onu des gouvernements Likoud de Menahem Bégin et Yitzhak Shamir.
En 1988, il entre à la Knesseth et est catapulté vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement Shamir. En 1991-92, il est son porte-parole remarqué à la conférence israélo-arabe de Madrid. En 1993, il est élu chef du Likoud qui est, entre-temps, entré en opposition, et combat les accords d’Oslo signés par le gouvernement Rabin avec l’OLP. En 1995, M. Rabin est assassiné.
Un an plus tard, à la faveur d’une vague d’attentats qui durcit l’opinion israélienne, M. Netanyahou bat Shimon Pérès aux législatives et devient le plus jeune Premier ministre du pays. Il abhorre Yasser Arafat et développe la colonisation juive en "Judée-Samarie" et à Jérusalem-Est. Mais en 1998, sous pression américaine, il signe les accords de Wye Plantation qui cèdent la majeure partie de Hébron aux Palestiniens et promet des retraits limités ailleurs en Cisjordanie. Il ne tardera pas à torpiller ces derniers, accusant les Palestiniens de violer leurs obligations sécuritaires.
En 1999, il est battu aux législatives par le travailliste Ehoud Barak. Il quitte provisoirement la scène politique, désavoué par son parti et par le public qui a reproché au couple Netanyahou un train de vie tapageur, farci de scandales privés.
En 2002, Ariel Sharon est au pouvoir, la seconde intifada palestinienne fait rage. Les travaillistes quittent la coalition gouvernementale, abandonnant notamment le portefeuille des Affaires étrangères. M. Sharon le confie à M. Netanyahou. Après la réélection de M. Sharon en 2003, M. Netanyahou prend les Finances.
Pour sortir le pays de la crise économique causée par l’intifada, il introduit une politique néolibérale qui élimine l’Etat providence. En août 2005, il démissionne du gouvernement en protestation contre le retrait de Gaza décidé par M. Sharon.
En novembre 2005, M. Sharon quitte le Likoud pour créer Kadima, et M. Netanyahou reprend les rênes du Likoud. Il fait toutefois un score catastrophique aux législatives de mars 2006 - douze sièges, alors qu’aux élections de 2003, M. Sharon en avait obtenu quarante. Mais dès l’été 2006, avec les ratés du gouvernement Olmert dans la guerre au Liban, "Bibi" redevient l’espoir d’une partie des Israéliens.
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