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élections en Israël
Lutte serrée, jeu ouvert
Renée-Anne Gutter
Mis en ligne le 11/02/2009
Selon les premières fourchettes mardi soir, Benjamin Netanyahou et Tzipi Livni étaient au coude à coude. Tous deux avec meilleurs scores que prévu. Mais avec une légère avance pour Mme Livni. Sur les 120 sièges de la Knesseth : 29-30 à Kadima, 27-28 au Likoud, 14-15 à Avigdor Lieberman, 13 aux travaillistes d’Ehoud Barak. L’ensemble des partis de droite reste toutefois majoritaire par rapport au bloc centre-gauche, avec 10 à 13 sièges pour les ultra-orthodoxes sépharades de Shass, 5 pour les ultra-orthodoxes ashkenazes, 6 à 10 pour les deux petites listes ultranationalistes combinées, contre 4 pour la gauche Meretz et douze pour les trois formations arabes combinées. Malgré le mauvais temps, le taux de participation a été plus élevé que prévu : plus de 65 pc.
Rien n’est cependant joué. Kadima et le Likoud ont tous deux revendiqué la victoire avant que le décompte final ne soit tombé dans la nuit. Mais les résultats de début de soirée ont déjà été trompeurs dans le passé. D’autant plus que beaucoup dépendra du rapport de force non seulement entre les blocs, mais aussi à l’intérieur de chacun d’eux. Dans la politique israélienne, même les alliances entre frères sont versatiles. De toute façon, quel qu’il soit, le vainqueur du scrutin ne sera pas nécessairement le futur Premier ministre. Et la formation du futur gouvernement risque d’être laborieuse.
Large coalition
En principe, le président de l’Etat, Shimon Pérès, ne doit pas obligatoirement confier la tâche au député dont le parti a remporté le plus de voix, mais bien à celui qui a le plus de chances de réunir une coalition majoritaire. Et il ne pourra le faire qu’après avoir consulté chacun des partis réélus. Or il n’entamera cette consultation qu’après la publication officielle des résultats du scrutin dans une semaine. Donc d’ici là, le monde politique sera en ébullition. "Bibi" ou Tzipi, la voie sera ouverte aux pressions et aux marchandages tous azimuts. Tant M. Netanyahou que Mme Livni ont déclaré ces derniers jours qu’ils voulaient former la plus large coalition possible. M. Netanyahou a même parlé spécifiquement d’un gouvernement d’union Likoud-Kadima-travaillistes. Et cela, pour éviter de glisser vers un gouvernement fascisant. Mme Livni préférerait contourner le Likoud mais manque d’alternatives. En tout cas, pour garantir une majorité large et stable, aucun des deux n’a exclu de "courtiser" Avigdor Lieberman, qui s’érige en troisième force du pays. Ils ont déjà siégé avec lui dans des gouvernements précédents. M. Lieberman a toutefois prévenu qu’il n’est "dans la poche de personne", quoique son "penchant naturel" aille vers le Likoud. Par ailleurs, d’autres partis voudront-ils siéger à ses côtés ?
M. Barak ne l’exclut pas, mais son parti est réticent. Les ultra-orthodoxes, tant sépharades qu’ashkenazes, hésitent, parce qu’"Ivet" veut introduire le mariage civil. Et comment répartir les portefeuilles entre les ténors ? Une fois désigné, le formateur aura 43 jours pour accomplir la tâche. D’ici là, Ehoud Olmert restera toujours aux commandes, avec les pleins pouvoirs. Cette rallonge lui viendra peut-être à point pour terminer en beauté. Il n’est pas exclu, en effet, que dans le cadre de la trêve négociée avec le Hamas via l’Egypte, un arrangement soit trouvé pour un échange de prisonniers qui ramènera le caporal Chalit à la maison, après plus de deux ans et demi de séquestration à Gaza.
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