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États-Unis - L’ÉTAT DE L’UNION
Obama doit rassurer ses compatriotes
Philippe Paquet
Mis en ligne le 24/02/2009
Un mois après sa mémorable prestation de serment, Barack Obama a de nouveau rendez-vous avec la nation, cette fois par l’entremise d’un discours télévisé qu’il prononcera, ce mardi soir, devant les deux Chambres réunies du Congrès. Ce n’est pas à proprement parler le traditionnel discours sur "l’état de l’Union", puisque le nouveau président américain n’a pas encore de bilan à présenter (bien qu’en un mois, il ait déjà pris plusieurs mesures dont son fameux plan de relance de l’économie de 787 milliards de dollars). Ce n’en est pas moins une occasion solennelle d’exposer une vision globale de son programme de gouvernement pour les prochains mois, mais aussi pour les quatre années de son premier mandat.
Selon les confidences recueillies par la presse américaine dans l’entourage de M. Obama, le discours, qui dure généralement un peu moins d’une heure, sera logiquement centré, en cette période de crise, sur la politique intérieure et l’économie. Le Président ne devrait que très brièvement évoquer les questions internationales et la politique étrangère, bien que la relance aux Etats-Unis puisse aussi en dépendre. Ainsi la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a-t-elle plaidé, ce week-end, à Pékin, pour que la Chine continue à financer la dette américaine en achetant des bons du Trésor.
Il est prévu que Barack Obama adopte un ton résolument optimiste tout en appelant ses compatriotes à faire les sacrifices sans lesquels le pays ne pourra pas sortir de la crise. Le Président va pareillement s’employer à convaincre députés et sénateurs que ses priorités - réformer le système de santé, l’enseignement et la politique énergétique - peuvent contribuer au développement de l’économie en créant des emplois et en réduisant les dépenses publiques grâce à des programmes mieux ciblés.
L’exercice de ce mardi fera, à cet égard, figure de grand oral avant la présentation, jeudi, du premier budget de l’administration Obama, un budget lourdement en déficit en raison des engagements pris sous l’ère Bush et des dépenses supplémentaires engendrées par le plan de relance de l’économie. Le gouffre de 1200 millions de dollars prévu en 2009 dépassera finalement les 1500 millions (à plus de 10 pc du PIB, c’est un record absolu depuis la Seconde Guerre mondiale), mais le Président promet de le ramener à quelque 500 milliards en 2013, à la fin de son mandat.
Une économie sur l’Irak
Le scepticisme est pourtant de mise. Pour parvenir à combler ainsi le déficit, Barack Obama ne peut tabler que sur deux facteurs : la fin des dépenses liées au plan de relance si l’économie est sortie entre-temps de la récession et le retrait des troupes américaines d’Irak (lequel fera épargner environ 100 milliards de dollars par an). Le renforcement des effectifs en Afghanistan (où le Président a décidé l’envoi de 17 000 soldats supplémentaires) aura, toutefois, un coût considérable, tout comme la promesse électorale de fournir une assurance médicale aux 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus. Et pour ce qui est d’augmenter les impôts, même sur les revenus les plus élevés, c’est un choix que les élus répugnent toujours à faire à l’approche d’un scrutin. Or, les législatives, c’est déjà en novembre 2010.
Il faudra par conséquent au nouveau Président une bonne dose d’inspiration, ce mardi soir, pour préserver l’état de grâce dans lequel il baigne depuis son élection, le 4 novembre dernier.
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