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sommet UE
Des polémiques en veux-tu, en voilà
Olivier le Bussy
Mis en ligne le 28/02/2009
Etant donné qu’il s’agit d’un sommet informel, il ne faut pas s’attendre à ce que les Vingt-sept prennent dimanche des décisions majeures et définitives. Convoqué dans l’urgence, le rendez-vous de Bruxelles devrait, avant tout, déblayer le terrain pour la réunion du Conseil des 19 et 20 mars, qui se focalisera, elle aussi, sur la santé économique vacillante de l’Union.
Le premier volet de la discussion sera relatif à la stabilisation du secteur financier, passablement ébranlé par la crise du crédit qui frappe les institutions bancaires de l’UE. Devrait notamment être débattue la question des actifs toxiques des banques européennes, dont s’étaient déjà préalablement saisis les ministres de l’Ecofin sans parvenir à dégager une position commune. Deux options sont sur la table : soit isoler ses actifs toxiques dans des bad banks ou structures de "défaisance", soit demander aux Etats de garantir les actifs des banques en difficulté - en définissant au préalable quelles banques sont en difficulté et les conditions dans lesquelles elles pourraient être secourues.
"Les bads banks font courir un risque sérieux pour les budgets nationaux" des Etats membres qui pourraient être amenés à jouer les pompiers, prévient une source diplomatique. Ce qui importe dans ce dossier, d’autant plus compliqué que des actifs sains aujourd’hui pourraient très bien devenir "toxiques" demain, c’est de "savoir comment on répartit le coût entre les banques et les contribuables", poursuit la même source. La Belgique est partisane d’une structure flexible qui permettrait de répondre aux problèmes qui se poseraient au cas par cas.
Prague vs. Paris
Pour ce qui touche à l’économie réelle, le Premier ministre tchèque Topolanek, président du Conseil, invite les Vingt-sept à continuer "de coordonner la mise en œuvre des plans de relance nationaux sur base des orientations fixées en décembre dernier". Le Tchèque, qui a bien senti d’où venait le vent, insiste dans sa missive adressée à ses pairs pour que cette relance garantisse "des conditions de concurrence équitable pour toutes les entreprises". Comprendre : s’abstenir de céder au protectionnisme.
Plus vite dit que fait. Alors que la Commission planche toujours sur la validité des plans d’aides que Paris, Madrid et Rome ont accordées à leurs constructeurs automobiles, le président Sarkozy a fait savoir qu’il refusait d’ôter de son plan les conditions de territorialité et qu’il comptait que l’exécutif européen lui accorde le feu vert dès dimanche.
Partisan de l’orthodoxie budgétaire, la présidence tchèque souhaite aussi rappeler aux Etats membres la nécessité de revenir rapidement dans les clous du pacte de stabilité et de croissance. Là encore, Paris pourrait jouer les trublions, et faire savoir que là n’est pas sa priorité.
Enfin, les Vingt-sept vont aussi tenter de dégager une position commune à la veille du G20 d’avril, qui sera présidé par le Britannique Gordon Brown. Une discussion qui sera l’occasion pour certains Etats, dont la Belgique, de rappeler qu’ils n’ont guère apprécié d’être tenus à l’écart de la réunion qui s’est tenue en comité restreint, dimanche dernier à Berlin. "On ne peut pas empêcher des Etats de se réunir, mais on est en droit de se demander, dit-on côté belge, de quel mandat disposent le président de la Commission et celui du Conseil lorsqu’ils assistent à ce genre de réunion et au nom de qui ils parlent."
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